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juin 27, 2008

Oméga


alt 3/5
Jack McDevitt
2006 L'Atalante
2003 Omega
600 pages

alt omegaalt Oméga 2234. Depuis l'époque des Machines de Dieu, cela fait trente ans que l'humanité connaît l'existence des nuages oméga qui traversent la Galaxie et détruisent les civilisations sur leur passage. Qui les a créés ? Pourquoi ? On l'ignore toujours. Mais ne reste-t-il pas encore neuf siècles avant qu'un de ces monstres n'atteigne le système solaire ? On a le temps de voir venir.

Voici pour tant qu'un oméga s'est détourné de sa route et se dirige vers un système planétaire inexploré. A-t-il détecté une société extraterrestre inconnue ? Si c'est le cas ne faut-il pas lui venir en aide ? Et comment faire à trois mille années-lumière de la Terre, neuf mois de voyage hyperluminique ? Soudain une arme contre les oméga se fait pressante...

La course de vitesse s'engage pour sauver une espèce entière de la destruction sans se révéler à son attention. Protocole oblige. Tandis qu'une lueur se dessine quant à l'origine et la destination des nuages oméga.

Rien de plus anodin qu'un nuage me direz-vous et bien ce n'est pas du tout l'avis de Jack McDevitt. L'Oméga, un nuage galactique, se ballade à une vitesse vertigineuse et détruit toute vie sur son passage, mais comment l'arrêter ? Nul ne le sait et le peu de capitaux consacré à son étude ne vont pas permettre d'en savoir beaucoup plus, la survie de l'humanité est en jeu, mais comme ce n'est pas pour tout de suite personne ne s'en soucie.

L'homme n'est pas non plus totalement égoïste, lorsqu'il menacera une vie intelligence, l'une des premières découvertes dans la galaxie, des efforts seront tout de même tentés pour les aider. Oméga raconte l'épopée de quelques aventuriers volontaires pour sauver les Boulgommes. Les Batisseurs de monument qui ont oubliés leur passé grandiose et sont retournés à l'état sauvage, les Faucons, perdus dans l'immensité du temps, les Noks, barbares de l'ère préindustrielle et les Anges, sauvages prétechnologiques, ne constituent pas un espoir suffisant de vie dans l'univers, l'homme à besoin de sortir de son isolement pour cela il lui faudra sauver coûte que coûte le peuple Boulgomme.

L'histoire comporte quelques longueurs et frise parfois l'ennuie, on se situe à mis chemin entre le planet et le space opera. Je me suis d'ailleurs étonné de voir l'illustration de la carte de la planète Vigie, je ne m'étais pas du tout fait cette idée de ce quatrième tome de la saga Priscilla Hutchins. Elle dirige désormais l'Academie et aura la lourde responsabilité de mettre tout en oeuvre pour détourner l'Oméga de Vigie malgré ses très faibles moyens et le délai plutôt court. On découvre son réel talent de management, elle saura ne pas interférer dans les opérations complexes de sauvetage et donnera tout le champ nécessaire, sans paralyser ses équipes par le Protocole à l'image de la Prime Directive de Star Trek. Certains regretteront son absence au coeur de l'action, son nouveau rôle de bureaucrate à Washington l'éloigne du lecteur même si l'histoire se déroule sur plusieurs plans.

Jack McDevitt me donne l'impression d'avoir le trac lorsqu'il commence un nouveau roman, comme s'il entrait en scène devant des milliers de spectateurs. Pour se donner du courage, il nous présente une foultitude de personnages qui ne jouerons ensuite aucun rôle dans la suite de l'intrigue. Ce n'est pas vraiment un défaut, au contraire, on s'imprègne ainsi un peu plus dans son décor. C'est là que son talent est le plus apparent, le background ! L'Oméga, bourré de nanotechnologie à 1000 ans de la terre et ses 47 tewks, espèce d'explosion stellaire sans étoiles constituent à eux seuls une bonne raison de lire ce nouvel épisode.

Convaincre nos décideurs d'investir pour se protéger d'une menace hypothétique qui ne se précisera que lors du prochain millénaire ne sera pas chose facile. Jack McDevitt nous expose la problématique politique vs scientifique, les priorités ne sont pas les même, mais doivent converger en cas de coup dur. Malheureusement, la convergence opère souvent trop tard. L'Académie ne cessera de lutter pour accélérer la réponse des politiques, mais ce sont souvent les sponsors de cette institution qui lui dicteront ses priorités, sans tenir compte de l'importance scientifique des projets. Peut-être un triste reflet de la situation de nos institutions de recherche fondamentale.

Oméga est délicatement saupoudré de nouvelles du Service Info ou de textes d'archives, j'aime bien son style qui consiste à donner plus de contexte social à son histoire. Il procède ainsi depuis son premier roman The Hercules Text. C'est par contre la première fois que la vie extraterrestre prédomine dans cette série, les précédents volumes n'étaient pas habités si j'ose dire, on se consolait en étudiant les artefacts de civilisations disparues. Il ne faillit pas à sa tradition de mettre en péril une découverte aussitôt faite, c'est aussi ce péril qui l'a mis en lumière.

Le déflecteur de lumière qui procure l'invisibilité mais pas du tout la sécurité sera étudié dans toute la problématique qu'il posera à ses utilisateurs.

Si vous avez apprécié les précédents épisodes, Chindi en tête de liste, vous pouvez vous plongez dans cette suite qui vous décevra peut-être par ses longueurs mais qui comporte tout de même quelques chapitres succulents.

À lire

la série Priscilla (Hutch) Hutchins


Les Machines de Dieu On les nomme les Bâtisseurs de Monuments. Ils ont laissé de grandes œuvres plastiques ici et là dans la proche Galaxie. Chacune différente. Leurs inscriptions défient la traduction. Pourtant, toutes sont belles. Bouleversantes. Mais âgées de plus de vingt mille ans. Ensuite, plus rien. Que sont devenus les Bâtisseurs de Monuments ?

À l'aube de ce 23e siècle, le chemin des étoiles est ouvert. Pour la Terre où l'équilibre écologique est rompu, où l'humanité court à la catastrophe, c'est peut-être la voie du salut.

Mais pour Priscilla Hutchinson, pilote spatiale, et les archéologues qu'elle rejoint sur le site de la planète Quraqua, commence une quête effrénée qui les conduira de monde en monde afin de comprendre le mystère de civilisations extraterrestres terrassées et disparues.

2001 L'Atalante
alt 3p5/5

Deepsix 2223. Parce qu'une mission scientifique y a été décimée vingt ans plus tôt, la planète Maleiva iii — baptisée Deepsix — est restée à l'abandon. Aujourd'hui Deepsix suscite un nouvel intérêt chez les planétologues et les astrophysiciens : un monde errant va traverser le système stellaire de Maleiva et percuter la planète. C'est alors seulement que la découverte a lieu : une civilisation s'est épanouie sur Deepsix, dont les vestiges n'avaient jamais été repérés. Dans trois semaines, tout disparaîtra lors de la collision. Y a-t-il moyen d'enregistrer et de sauver ce qui peut encore l'être ? Ne resterait-il pas aussi des êtres intelligents sur la planète ? Une mission au sol est dépêchée pour engager une course contre la montre.

Vingt ans après Les Machines de Dieu, la pilote spatiale Priscilla Hutchins se pose sur Deepsix, à la tête d'une petite équipe de fortune...

Roman d'archéologie extraterrestre, roman de catastrophe, Deepsix est surtout un formidable récit d'aventure et de suspense.

2003 L'Atalante
alt 3/5

Chindi 2224. Hormis l'espèce belliqueuse qui peuple la planète Nok, à l'aube de son ère industrielle, les hommes n'ont trouvé durant leurs premières explorations stellaires que les ruines de civilisations extraterrestres disparues. Or voici qu'un bref signal radio se manifeste soudain, issu d'une source en orbite autour d'une étoile à neutrons. Indéchiffrable, mais d'origine artificielle. Est-ce le dernier souvenir d'une civilisation elle aussi disparue ou le premier message d'une espèce vivante ?

Un an après l'aventure de Deepsix, Priscilla Hutchins, « Hutch » pour les amis, pilote spatiale de l'Académie, repart en mission d'exploration, cette fois en compagnie d'une délégation de la Société du Contact — véritables précurseurs ou bande d'allumés ?

D'étoile en étoile, de monde en monde, toujours en quête de la Rencontre tant espérée, Jack McDevitt nous entraîne au sein d'une petite communauté humaine vers des réponses qui amènent d'autres questions, avec un sens du mystère et du suspense qui n'appartient qu'à lui.

2004 L'Atalante
alt 4/5

Odyssey
2006 Ace
non traduit

Cauldron
2007 Ace
non traduit

la série Alex Benedict [non traduite]


A Talent of War Un héros interstellaire, Christopher Sliger, un combattant, un leader, est peut-être lié avec les extraterrestres Ashiyyur, ce sera à Alex de s'aventurer dans la galaxie étrangère pour le découvrir.

Même si A Talent of War n'est pas son meilleur roman, il est révélateur du devenir de cet auteur qui livre ici un space-opera au dessus de la moyenne.

1989 Ace

Polaris Le yacht spatial de luxe Polaris transporte un groupe d'élite a des milliers d'années lumières de la terre pour observer un phénomène stellaire spectaculaire. Il ne revint jamais. La mission de recherche envoyée pour investiguer retrouve le Polaris à la dérive, sans personne à bord. Mais que sont-ils devenus ?

60 ans plus tard, Alex Benedict, un antiquaire de renommé internationale décide d'éclaircir ce mystère, aussi loin que l'aventure l'emmènera et quelque soit le risque.

Il semble s'agir de l'un de ses meilleurs romans, l'écriture est aiguisée, les personnages sont envoûtant, l'histoire intéressante, bref vous ne le reposerez pas si facilement.

2004 Ace

Seeker Des milliers d'années après la disparition mystérieuse d'une colonie, Alex Benedict, l'antiquaire, récupère une tasse qui semble venir dur Seeker, l'un des vaisseaux de la colonie. Il mène l'enquête avec son assistant Chase Kolpath, ils retrouvent le vaisseau à la dérive, les questions s'accumulent, le danger est proportionnel au mystère.

Dans Polaris, le cocktail mystère/science-fiction de Jack McDevitt fût savoureux, il renouvelle l'expérience avec Seeker et parvient à un résultat tout aussi satisfaisant.

2005 Ace

The Devil's Eye Alex Benedict recoit un obscur message de détresse du célèbre écrivain Vicki Greene qui a subi un lavage de cerveau. Elle n'a plus aucun souvenir de sa vie, d'elle même, elle l'appelle à son secours. Elle a transféré une énorme somme d'argent sur son compte, mais là aussi sans explications. La solution du mystère se trouve sur l'un des mondes humains le plus reculés, Alex y découvrira un secret qu'un individu souhaite désespérément camoufler, le prix du silence est inimaginable.

2008 Ace
à paraitre en novembre

Ses romans


The Hercules Text Premier roman de Jack McDevitt, The Hercules Text, raconte l'histoire du premier signal extraterrestre avéré du point de vue de Harry Carmichael, administrateur du Goddard Space Center. Le roman étudie la réaction de nombreux scientifiques face au message et a sa transmission dans un pays voué au culte du secret défense.

Publié en 1986, l'Union soviétique est malgré tout toujours une menace pour les Etats-Unis. A l'exception de ce petit anachronisme, ce roman n'a pas trop vieilli, ses enjeux sont toujours d'actualité. Contrairement à beaucoup de roman de science-fiction, le point de vue de la religion n'est pas extrémiste, McDevitt n'exclue pas une coexistence pacifique entre religion et science.

Il s'essaye dès son premier roman aux brèves d'informations entre les chapitres pour donner un contexte social à son histoire, il utilisera d'ailleurs ce procédé tout au long de sa carrière.

The Hercules Text pose la question de la responsabilité du scientifique, thème qu'il abordera à de nombreuses reprises dans ses romans et nouvelles et qui lui vaudra le Philip K. Dick Award.

1986 New Ace SF Special

Anciens Rivages Tom Lasker, fermier du Dakota, découvre en creusant dans son champ un bateau flambant neuf. La chose est déjà surprenante à des milliers de kilomètres de l'océan ; mais en plus, quand il s'avère que ce bateau est fait d'un matériau inconnu, inusable, et qu'il est probablement enfoui là depuis plusieurs milliers d'années — depuis l'époque où s'étendait dans la région une mer intérieure — , cela devient tout bonnement incroyable.

En suivant l'ancien rivage de cette mer, une équipe de chercheurs met au jour — en plein territoire indien — un curieux artefact, manifestement d'origine extra-terrestre, et qui semble servir de plate-forme de départ pour d'autres planètes.

Alors il suffit que les indiens émettent le souhait de l'utiliser pour retrouver leur ancien mode de vie sur un autre monde, et que la panique gagne les milieux industriels et financiers — inquiets des bouleversements socio-économiques que ne manque pas d'apporter la découverte de nouvelles technologies et matériaux inusables — , pour que le gouvernement se demande s'il ne vaudrait pas mieux le détruire...

Mais c'est compter sans les scientifiques qui, avec l'aide des indiens, commencent à organiser la résistance !

1999 Pocket
1996 Ancient Shores, HarperPrism
alt 2p5/5

Eternity Road Un roman post-apocalyptique qui suit une bande de survivants, un soldat, un guérisseur et un intellectuel conduits par une jeune femme à travers l'amérique dévastée, une terre a la fois préhistorique et futuriste.

Un ouvrage qui ne tient pas toutes ses promesses.

1997 HarperPrism

Moonfall Le vice-président Charlie Haskell arrive sur la lune pour y inaugurer la première base lunaire qui promet de rendre profitable l'exploration spatiale, mais une comète menace l'installation qui doit être évacué d'urgence. Dernier capitaine du navire, il va mettre sa vie en péril. Il n'aura que cinq jours lunaire pour évacuer, mais rechignera à partir.

A l'image d'un film hollywoodien, ce roman catastrophe ne réduit pas non plus son style aux scènes de hurlement tout en captivant le lecteur comme s'il était rivé à cnn. Cela reste malgré tout un roman d'action, les personnages manquent un petit peu de profondeur.

1998 HarperPrism

Infinity Beach Neufs systèmes solaires ont été colonisés, mais l'humanité n'a pas encore découvert d'autres formes de vie intelligente, mais lorsque le Dr Kimberly Brandywine enquête sur la mort de sa soeur dans l'espace intersidéral, elle découvre la preuve de l'existence d'une nouvelle espèce.

C'est le genre d'histoire que Jack McDevitt maîtrise à la perfection.

2000 HarperPrism
2000 Slow Lightning, Voyager

Recueil de nouvelles


Standard Candles: The Best Short Fiction of Jack McDevitt 16 histoires parmi les meilleures, vous trouverez dans ce recueil : Standard Candles, Tidal Effects, Translations from the Colosian, Black to Move, The Fort Moxie Branch, Promises to Keep, Gus, To Hell with the Stars, Ellie, The Jersey Rifle, Cruising Through Deuteronomy, Tyger, Auld Lang Boom, Dutchman, Cryptic et Time Travelers Never Die.

Des nouvelles qui ont une résonnance émotionnelle bien au-delà de leur lecture, une collection à lire absolument.

1996 Tachyon Publications

Ships in the Night Une très bonne collection de nouvelles, celle qui a donné son titre à cet ouvrage lui a rapporté pas moins de $10 000 grâce a un prix.

Au sommaire :

- Nothing Ever Happens in Rock City
- The Far Shore
- Good Intentions
- Time's Arrow
- Dead in the Water
- Windrider
- Deus Tex
- Report from the Rear
- Oculus
- Last Contact
- Midnight Clear
- Blinker
- The Tomb
- Ships in the Night

2005 Altair Australia Books

Outbound Cette collection qui s'étend tout au long de la carrière de Jack McDevitt démontre qu'il s'inscrit dans la tradition moderne de la science fiction, son propos est souvent d'illustrer une idée à travers la sf. Son thème de prédilection est la découverte d'un artefact d'une civilisation extra-terrestre, il s'attache ensuite à décrypter le message que cette trouvaille transmet à travers les âgés. La dernière partie d'Outbound propose des essais sur l'écriture, la science-fiction et sa place dans notre monde, utile pour des auteurs de science-fiction en herbe.

2006 ISFiC Press

Omnibus


Hello Out There Hello Out There réunit en un seul volume les deux romans qui ont fait connaître Jack McDevitt, The Hercules Text et A Talent of War. Le texte à été entièrement révisé pour amoindrir la tension Etat-Unis vs Union soviétique. La seconde partie de The Hercules Text a été complètement réécrite pour en changer le dilemme d'Harry Carmichael qui devra cette fois le résoudre et non l'éviter.

2000 Meisha Merlin

juin 25, 2008

L'Atalante nouveau est arrivé

alt L'Atalante

Après de longs mois d'attente, le nouveau site internet de L'Atalante est arrivé. C'est un beau travail sans fioritures inutiles (flash) et fonctionnel à souhait. Il vous suffit de cliquer sur le nom d'un auteur pour obtenir sa bibliographie. Les illustrateurs ne sont pas laissés pour compte, une section leur est dédiée. Si vous aimez les couvertures de Manchu, un simple clic suffit pour toutes les retrouver.

La mention des autres éditeurs sur chaque fiche d'auteurs est vraiment fairplay et démontre l'intelligence de cette maison d'édition, nous séduire par la qualité de l'objet-livre et non pas par un marketing débridé.

Si vous n'habitez pas Nantes, vous trouverez en ligne une photo de leur belle librairie, cela me donne bien envie d'y faire une petite virée. Mais rassurez-vous si comme moi vous n'avez pas cette chance, vous pourrez vous consoler avec ce nouveau site ou rien n'a été oublié : forum, blog, plan, tout y est ou presque.

Avant de partir, n'oubliez pas de visiter leurs coups de coeur, vous y trouverez 18 romans à relire.

Vous êtes libraire, réjouissez-vous, ils ont pensé à vous, une section entière du site, la zone pro, vous est reservé, mais bon si la visitez ne répetez pas que vous n'êtes pas du métier, c'est ouvert quand même et c'est bien sympa !!

Allez cette fois on continue la ballade, par ici les liens.

Odyssée sous contrôle


alt 3/5
Stefan Wul
1959 Fleuve Noir
186 pages

alt Odyssée sous contrôlealt Terminus 1 Nom : Michel Maistre. Profession : agent de la Sécurité impériale. Mission : faire la lumière sur les trop nombreuses disparitions qu'enregistre la planète Émeraude. Le voyage n'est déjà pas de tout repos : Maistre échappe de justesse à un attentat contre sa personne et tombe amoureux d'une jeune poétesse. Mais ce n'est rien à côté de ce qui l'attend sur Émeraude. Poulpes intelligents, faune et flore aussi surréalistes qu'aggressives, savants fous capables de vous répartir dans des bocaux tout en vous maintenant conscient de votre état... aucune horreur ne lui sera épargnée. À croire qu'un scénariste en verve tire toutes les ficelles...

Stefan Wul est le spécialiste du space polar, Michel Maistre, un agent de la sécurité intérieure enquête sur de mystérieuses disparitions sur la planète Émeraud. Le mystère s'épaissira après 70 disparitions inexpliquées. L'Odyssée est-elle vraiment sous contrôle ?

À mis chemin entre Tarzan et Jurassic Park, son bestiaire est plutôt impressionnant : araignée à tête humaine, gorille aillé, hybride girafes/rhino, hydres noires, etc., la jungle déborde littéralement d'animaux féroces. Mais Stefan Wul n'a pas peur du ridicule et ne nous privera d'aucune créature loufoque, à la limite de l'écoeurement.

Chapitre court, duo d'espions, déguisements, fausses identités, on se retrouve en terrain familier, vous n'avez qu'à lire Terminus 1 pour vous en convaincre.

Cette épopée cascadante un peu naïve sera sauvée par une pirouette qui justifiera finalement sa plume débridée.

À lire



Stefan Wul - Oeuvres complètes - tome 1"

juin 19, 2008

Mémoria


alt 4/5
Laurent Genefort
2008 Bélial
304 pages

alt Mémoriaalt Mémoria Le prix de l'immortalité...

Il travaille pour le compte des grandes Compagnies qui se partagent l'univers. Il erre de planète en planète au gré de ses contrats. Il est le tueur à gages le plus redouté des mondes humains. Le plus cher, aussi. Nul ne sait qui il est véritablement. Pas même lui. Tel est le prix de son immortalité. Immortalité qu'il doit à un artefact extraterrestre unique et qui ne le quitte jamais. Tous comme les « crises de souvenirs » qui le terrassent de plus en plus souvent. Au point d'en menacer ses missions. Des souvenirs dont il ne sait même pas s'ils sont les siens. Des crises qui masquent une terreur secrète, tapie au fond de lui sous la forme d'un cauchemar qui, inexorablement, se rapproche et menace de l'engloutir.

Le compte à rebours est engagé...

Une mallette gravée Mémoria permet à son possesseur de changer de corps, incognito il va ainsi commettre des meurtres pour le compte des multimondiales. Lorsqu'il sera pourchassé, il lui suffira alors de basculer dans un nouvel hôte pour quitter sans encombre les lieux du crime. Sans encombre ou presque, car le processus s'emballe, il prend peur et n'aura pas d'autre refuge qu'un nouveau corps, mais cette fuite en avant pourra-t-elle durer une éternité comme cette étrange capacité le laisse penser.

Si vous êtes un lecteur régulier de ce blog, vous savez déjà que j'attendais ce nouveau space opera de Laurent Genefort avec impatience depuis la lecture de la nouvelle La nuit des pétales qui m'avait mis l'eau à la bouche. J'ai eu la chance de croiser l'auteur dans un bar parisien le 13 juin dernier, c'est à cette occasion que j'ai pu me faire dédicacer ce roman qui s'inscrit dans sa Panstructure. Si vous êtes un lecteur curieux, vous trouverez un lexique en fin d'ouvrage bien utile pour parfaire votre connaissance des vingt-cinq mille mondes et spatiocénoses mises au jour par les Portes de Vangk.

alt Desolation Road Terminus 1 ou Crépuscule d'acier ont tout deux recours au concept de la valise high-tech, mais c'est desolation road qui constitua la principale source d'inspiration de sa mallette Mémoria. Cette idée d'échange entre les personnages qui me fait penser à la série Code Quantum est séduisante et surtout très bien mis en scène par Laurent Genefort. Notre tueur ne devra pas trop amocher ses victimes, car il va ensuite ressentir leurs blessures, pas besoin de faux papiers ni de dépenser les sommes colossales qu'il va accumuler grâce à ses contrats, il lui suffira d'utiliser les biens de ses hôtes tout simplement.

Ce qui est marrant c'est qu'il fini par s'y perdre lui même, page 81 et page 216 il utile le nom d'un personnage à la place d'un autre, peut être est-il lui aussi passé dans sa mallette.

Le Bélial a fait du bon boulot, un marque page aux couleurs du roman offert, une superbe couverture de Manchu, un lexique, vous en aurez largement pour vos 18 €.

Digne héritier de Mission Impossible, "votre mission si vous l'acceptez...", Mémoria est un concentré de brain opéra. Laurent Genefort n'en est pas a son premier roman et cela se ressent très nettement ici, l'écriture est parfaitement affuté, la trouvaille est sublime et très bien exploité. Lisez Mémoria et vous pénétrerez vous même dans les secrets de la mallette pour l'éternité.

À lire du même auteur


La mécanique du Talion Il s'appelait Kovall. Ils l'ont torturé au-delà de toute douleur. Or il a survécu. Il s'est reconstruit. Mais Kovall est mort ; à présent voici Valrin, et la traque commence. Pour comprendre et surtout pour se venger. Qu'importe le pouvoir de l'ennemi ? Valrin ne lâchera pas prise. De planète en astéroïde, de vaisseau en arcologie, il avance peu à peu sur les traces d'un complot d'envergure cosmique dont l'enjeu n'est rien moins que la domination de la Galaxie.
Auteur d'une trentaine de romans, Laurent Genefort est aujourd'hui l'un des représentants les plus remarquables du space opera français. Avec La mécanique du talion, il nous entraîne dans une quête hallucinée au cœur d'un univers mystérieux et de ses mythes.

Atalante
2003

juin 18, 2008

Cordelia Vorkosigan


alt 3/5
Lois McMaster Bujold
1994 J'ai Lu
1986 Shards of honor
320 pages

alt Cordelia Vorkosiganalt Cordelia Vorkosigan La guerre... Stupide, inévitable.

Mauvais endroit, mauvais moment, mauvaise cause. Même l'uniforme n'est pas le bon : Cordelia Naismith, des forces expéditionnaires de Beta, se retrouve en pleine bataille interplanétaire, alors qu'elle a toujours sur le dos sa vieille combinaison d'astronaute.

Et voici qu'elle est tombée entre les mains des Barrayarans. Qui plus est, entre celles de son pire ennemi, lord Vorkosigan, alias le « boucher de Komarr ». Cet homme, elle devrait le hair ; pourtant, elle est troublée. Que va-t-il faire ? La tuer ? Non. Alors que le conflit fait rage, il lui propose... le mariage !

De ces deux êtres que tout oppose dépend l'avenir de deux peuples. Et de l'univers. Mais quel est le vrai moteur du monde ? L'amour, ou la guerre ?

Au sein d'un système d'un mois lumière de diamètre, une mission scientifique recueille des informations sur la biosphère locale lorsqu'une rencontre inopportune va tout chambouler. Cordelia Naismith de la section d'exploration scientifique Betane est livré à elle-même, elle va très vite devoir s'adapter aux rudes conditions d'une jungle luxuriante, heureusement qu'Aral Vorkosigan n'est pas fidèle à sa réputation de Boucher de Komarr.

Avec Cordelia Vorkosigan, Lois McMaster Bujold inaugure vraiment sa saga Vorkosigan. Nous nous situons un an avant la naissance de Miles Vorkosigan. Opération Cay était un prélude situé 200 ans avant. On assiste ici à la rencontre des futurs parents de Miles, on aurait pu croire cet amour impossible au vu des circonstances, mais puisqu’une vingtaine de tomes mettent ensuite en scène leur fils, il fallait bien qu'ils se rencontrent. C'est peut-être la résultante du Syndrome de Stockholm.

alt US Cover alt UK Cover

Cordelia est astrographe, rien ne la prédispose à se transformer en guerriere à l'image de la couverture de J'ai Lu, à ce titre je préfère les couvertures originales plus respectueuses du roman. Elle est responsable de 56 vies, botanistes, zoologistes, géologues, ils sont pratiquement tous scientifiques et n'ont absolument aucune formation militaire ce qui leur fera cruellement défaut lorsque les brise-nerfs seront à l'oeuvre.

On retrouve ici brièvement les réplicateurs utérins découverts dans Opération Cay, Lois McMaster Bujold a le souci de la cohésion au sein de sa saga, selon un lecteur rencontré lors des 20 ans d'ActuSF/Bifrost, c'est un sans faute malgré tout au long de sa série.

Sans être un chef d'oeuvre, ce roman est agréable à lire et lorsque vous l'aurez refermé vous aurez sans doute envie de vous procurer Barrayar pour continuer l'aventure.

A lire du même auteur


Opération Cay Heureux de retrouver la légèreté familière de l'apesanteur, Leo suivit Van Atta jusqu'à l'écoutille. Un tech au visage rose se tenait derrière un pupitre de visualisation, juste à l'entrée du corridor. Il sourit à Leo puis releva les yeux vers le directeur de l'Habitat.
— Est-ce le nouveau professeur dont vous nous avez parlé, monsieur Van Atta ?
— En effet. Leo, je vous présente Tony. C'est l'un de vos futurs étudiants. Viens donc serrer la main de M. Graf, Tony.
Le garçon sauta par-dessus le pupitre. Son short était du même rouge que son T-shirt et...
Leo cligna des yeux, choqué. Ce n'étaient pas des jambes qui sortaient du short, mais deux autres bras !
Il n'était pas près d'oublier cette rencontre. Elle bouleverserait sa vie... et celle des mille quaddies qu'il allait adopter.

juin 17, 2008

La Plage de verre


alt 1p5/5
Iain M. Banks
2006 Fleuve Noir
1993 Against a dark background
564 pages

alt La plage de verrealt La plage de verre Sharrow est l'un des meilleurs éléments de l'armée de Golter. C'est aussi une aristocrate, descendante d'une des familles majeures de la planète, passée maître dans l'art de voler des antiquités aux quatre coins du système en compagnie de son équipe de choc.

Retirée des affaires depuis un grave accident, elle doit reprendre très vite du service lorsqu'elle apprend que les Husch, secte de fanatiques religieux, veulent l'abattre. Ils sont à la recherche de l'arme ultime, le Canon lent. Une traque rocambolesque, de planète en planète, conduit Sharrow vers les origines mystérieuses de sa lignée...

Ce n'est pas habituel chez Banks, ce roman de science-fiction n'est pas connecté à son cycle de la culture, il s'agit d'un roman indépendant, on y sent tout de même l'influence de la culture à travers certains noms de vaisseaux. Pour retrouver le dernier Canon Lent, Sharrow devra d'abord retrouver les principes universels qui contiennent semble-t-il des indices laissés par son grand-père.

De détour en détour on finit par s'ennuyer sur la plage de verre, avant même de s'attaquer aux principes, une attaque de coffre puis de train diluent complètement l'intrigue, on finit par se perdre dans ses méandres.

Ce roman écrit en 1993 n'illustre pas le style actuel de Banks. C'est la première note de lecture consacrée à cet auteur, elle ne reflète pas du tout mon ressentiment sur Iain M. Banks. Je ne vous encourage pas à lire La Plage de verre, lisez plutôt L'homme des jeux, beaucoup plus abouti.

À lire du même auteur :


L'homme des jeux Dans l'empire d'Azad, le pouvoir se conquiert à travers un jeu multiforme. Jeu de stratégie, jeu de rôle, jeu de hasard, le prix en est le trône de l'Empereur.

Gurgeh est le champion de la Culture, une vaste société galactique, pacifique, multiforme, anarchiste, tolérante, éthique et cynique où le jeu est considéré comme un art majeur.
S'il gagne, la paix sera sauvée entre la Culture et Azad. S'il perd...

Voici le premier volume de la fameuse série de la Culture qui a renouvelé avec humour et panache le thème de la société galactique. Il sera suivi de L'usage des armes et de Une forme de guerre.

juin 10, 2008

Terminus 1


alt 3/5
Stefan Wul
1959 Fleuve Noir
186 pages

alt Terminus 1alt Terminus 1 Sur Argole, à la suite d'une partie de cartes qui a mal tourné lorsque ses adversaires ont deviné ses dons de télépathie, Julius, un aventurier de l'espace, retrouve Marje, une ancienne amie, qui lui propose une chasse au trésor sur la planète Walden. "Il s'agit d'un cimetière de fusées, d'un gisement de vieilles carcasses d'astronefs bonnes pour la casse. Mais ces astronefs sont farcis de boulons et de pièces de palladium, ce métal introuvable dont un gramme vaut des kilos de platine !" Et c'est reparti pour une nouvelle aventure au cours de laquelle Julius, équipé de la valise-transmetteur que lui a remise Marje, devra affronter les singes volants, les Velus et les arbres-hommes...

Julius aidé de sa valise-transmetteur va affronter les pires difficultés, de sa réussite sa fortune dépendra. Mais à quoi sert une fortune astronomique une fois mort ? Pour en profiter, il devra vaincre les singes volants, les velus et les arbres-hommes. Il fera en effet de nombreuses rencontres pendant son périple, l'amour ne sera pas non plus oublié en chemin.

Tout juste sorti de la télépathie avec l'âge des étoiles, que m'y revoilà, mais cette proximité thématique est un pur hasard. Le rôle qu'elle joue est d'ailleurs périphérique, cela permettra à Julius de gagner sa vie en trichant tout simplement aux cartes par exemple. Marje, la commanditaire de ce gros coup lui sera bien utile grâce à la valise qui lui assurera un minimum vital dans les pires moments. Le concept de la valise est un gadget qui tient presque le premier rôle dans ce roman qui joue sur l'économie de moyens. Charles Stross l'utilisait lui aussi à merveille dans son Crépuscule d'acier, c'est bientôt au tour de Laurent Genefort avec Mémoria.

À peine plus de deux personnages : Julius, Marje, Stella, Kang et Diaz son guide, ce qui prouve qu'il n'est pas nécessaire d'offrir au lecteur un déluge de situations pour le satisfaire. Stefan Wul en fait ici une belle démonstration. Mais c'est à mettre en perspective avec la richesse de ses décors qui contrebalance sans soucis le générique. On peut par contre reprocher à cet avant-dernier roman de Wul son côté patchwork, les différents éléments de l'histoire ne s'articulent pas tout à fait ensemble.

Le point de vu de Wul sur les effets de l'argent est intéressant, son héros ne manquera pas de vulgarité dès qu'il dépassera son seuil personnel de richesse, en même temps on ne peut pas dire qu'il n'en a pas bavé. Je ne sais pas si Wul voyageait beaucoup, mais il ne semble pas, un sac à dos c'est quand même beaucoup plus pratique en montagne !

À lire



Stefan Wul - Oeuvres complètes - tome 1

juin 06, 2008

L'âge des étoiles


alt 3/5
Robert A. Heinlein
1982 Pocket
1956 Time for the stars
224 pages

alt L'âge des étoiles L'institut de recherches prospectives devait en permanence garder le contact avec ses navigateurs spatiaux. Et pour couper court aux lenteurs des transmissions radio, un seul moyen : la télépathie. C'est ainsi que Pat et son jumeau Tom vont mettre au service du grand projet de colonisation interstellaire leurs dons exceptionnels dans ce domaine. Tandis que Par vieillira sur la Terre, Tom et tout l'équipage de l'Elsie échapperont à l'emprise du Temps. Mais auront-ils jamais la chance de revoir le monde qu'ils ont quitté au terme des aventures extraordinaires qui les attendent ?

J'essaye de ne pas lire les quatrièmes de couverture avant de me lancer dans la lecture d'un bouquin pour ne pas trop en savoir sur l'intrigue. Je déroge par contre à cette règle lors de l'achat. Je me rappelle toujours un peu de l'ensemble quand quelques mois après j'entame sa lecture, ce fut le cas pour l'âge des lumières. J'étais donc dans l'attente qui se faisait de plus en plus pressante de Lummox, une petite créature à huit pattes. Mais elle n'a jamais montré le bout de son nez, étrange me suis-je dit, peut être que me rappelle pas si bien que ça de que j'ai lu. J'ai tout de même attendu la fin du roman pour relire cette quatrième de couv pour découvrir une grosse bourde de l'éditeur.

Pocket a tout simplement imprimé la quatrième de couverture de L'Enfant tombé des étoiles à la place de celle de l'âge des étoiles. J'ai l'impression d'avoir entre les mains un collector ! Malheureusement, ma lecture en a été perturbée, j'ai été frustré de Lemmox et n'ai sans doute pas pu apprécier à sa juste valeur ce texte assez ambitieux.

L'Institut de Recherche Prospective finance les recherches les plus étonnantes. Les jumeaux Pat et Tom vont entrer en contact avec l'IRP au démarrage de son programme de recherche parapsychique. Leurs vies vont en être profondément bouleversée et pour des dizaines d'années. Ils sont issus d'une famille au bord de la faillite pour ne pas avoir respecté les limitations sur les naissances, ils n'auront pas d'alternative à l'aventure IRP.

Je ne suis pas friand de l'utilisation de la télépathie en science-fiction, elle a trop souvent été utilisée à l'extrême sans soucis de crédibilité comme dans la plupart des romans de Peter Randa. Mais Robert Anson Heinlein la mêle avec la loi de la relativité avec un extraordinaire talent.

À bord du vaisseau torche Lewis and Clark, le capitaine Urqharelt aura fort à faire. Il devra par exemple rassurer l'équipage lorsque d'autres vaisseaux disparaitront sans laisser de traces. Les plus grandes difficultés se présenteront en pleine phase d'accélération puisqu'il ne sera pas évident de garder le contact avec la Terre, mais aussi sur les planètes de type terrestre découvertes. La vie y est possible et elle ne s'en privera pas.

Il ne sera pas avare en données astronomiques, sur les 1500 étoiles à moins de 100 années lumières, 160 ont des caractéristiques voisines de notre Terre. Je serais curieux de connaitre les chiffres actuels pour les comparer avec ceux des années cinquante pour me rendre compte de l'accélération de la recherche astronomique au 20ème siècle.

La confrontation entre la banale vie de tous les jours des protagonistes et l'expérience grandiose qu'ils mènent m'a par contre rebuté. Les idées d'Heinlein sont passionnantes, mais diluées dans quelques banalités qui nuisent selon moi à l'ensemble. Mais si l'on met en perspective le public visé, c'est un roman jeunesse, et son extraordinaire longévité éditoriale on ne peux qu'admirer le grand maitre et lui pardonner les quelques rides accumulées par son roman au fil du temps.

À lire


L'enfant tombé des étoiles Voilà la fameuse quatrième de couverture imprimée par erreur.

De son premier voyage interstellaire, John Thomas Stuart a ramené une petite créature à huit pattes, Lummox. Un siècle après, la bête est toujours en vie. Mieux : elle grossit, et sa taille commence à inquiéter le voisinage. Un jour, Lummox fait une fugue et les résultats sont tels que le tribunal ordonne sa destruction, mais nul ne trouvera le moyen d'exécuter la sentence, et Lummox continuera à grossir, et disparaîtra une seconde fois, à l'inquiétude générale. Une ambassade extraterrestre fort étrange vient d'arriver, qui va peut-être remettre en cause l'existence même de l'espèce humaine.

Robert A. Heinlein

juin 03, 2008

boule de Yet / juin 2008

alt Mémoria

Voilà la deuxième boule de Yet, vous y trouverez une sélection d'ouvrages à paraitre en juin, réédition ou nouveautés, en français ou en anglais bref la boule de Yet est bien pleine de mois ci.

Voilà un bref zoom sur les parutions en juin.

Dans le Bifrost n°50, la nouvelle La Nuit des pétales mettait en scène Donovoia Kvar, retrouvez-le sans plus attendre dans Mémoria (304 pp. 18 €) à paraitre le 12 juin, le dernier roman de Laurent Genefort en dédicace avec Manchu à la librairie Scylla le 28 juin à partir de 16h. Le Bélial en juin c'est aussi le troisième tome inédit du cycle de La Patrouille du temps de Poul Anderson, La Rançon du temps (304 pp. 18 euros), qui réunit un roman et une nouvelle, L'intégrale du cycle à paraitre comptera 4 volumes.

alt The Last Colony alt La Dernière Colonie

La Dernière colonie, le troisième tome de la série entamée par John Scalzi avec Le Vieil homme et la guerre est annoncé pour juin. Vivement que le nouveau site de L'Atalante apparaisse sur la toile.


alt Voyageurs

Neal Asher fait partie du cercle très fermé des auteurs de science-fiction qui montent, Fleuve Noir prend le train en marche et nous propose ce mois-ci Voyageurs nommé au Philip K. Dick Award. Il y est question d'une sorte de savant fou, Cowl qui veut éradiquer l'espèce humaine et de voyages dans le temps. Du coup l'histoire se déroule à la fois au 23ème et 43ème siècle. Neal n'a pas choisi le chemin de la simplicité, mais son histoire complexe s'accélère au fur et à mesure des pages et saura surement vous convaincre que c'est un auteur à suivre. De son coté, Pocket rééditera L'Ecorcheur

Chez Folio SF vous trouverez la réédition d'Emphyrio de Jack Vance, personnellement je préfère le volume Emphyrio et autres aventures chez Denoël. Folio SF nous proposera aussi Marée stellaire (672 pp. 8,40 €) de David Brin, Les Machines à bonheur (480 pp. 7,90 €) de Ray Bradbury et Les gogos contres-attaquent de Frederik Pohl fin juin.

alt grainedimmortels.jpg

J'ai Lu rééditera Graine d'immortels de Pierre Bordage initialement paru dans la collection Quark Noir de Flammarion en 1999.

Dans la foulée on peut aussi signaler que la réédition au Livre de Poche de Crépuscule d'acier (544 pp. 7,50 €) de Charles Stross initialement prévue en juin, mais déplacé à septembre.


alt galaxies-1.jpg

Terminons par une chouette nouvelle, la revue Galaxies renait de ses cendres le 15 juin avec un nouveau n°1, un grand merci à Pierre Gévart. Par contre, vous ne trouverez pas ce magazine en kiosque, il est disponible sur abonnement ou à l'unité sur le site de Galaxies.


Yet Emerging Translation ?
la rubrique des bouquins que l'on attend toujours en français est ce mois-ci plus longue que celle consacrée aux versions françaises.

alt Quantum Rose Je n'ai pas encore lu le premier tome de cette saga de Catherine Asaro qu'est paru en poche le troisième volume The Quantum Rose chez Pocket dans sa collection science-fantasy, bizarre tout de même cette appellation ! Soleil ascendant est le quatrième tome paru de la Saga de l'Empire Skolien en grand format chez Mnémos en 2005.


alt Ruby Dice Mais 10 tomes et 8 nouvelles sont parues aux USA, ce qui justifie que j'en parle ici dans les nouveautés en vo, il n'y a plus qu'à les éditer en français. Le dernier volume paru de cette saga est Ruby Dice


alt The Precipice The Prefect Le cinquième tome de l'Espace de la révélation d'Alastair Reynolds n'est pas encore édité en français comme ses deux recueils de nouvelles, Galactic North et Zima Blue.


alt Mars Life Ben Bova se ballade dans le système solaire à travers son grand tour, nous n'en avons qu'un petit aperçu en France, il nous manque par exemple : Jupiter, Mercure, Titan, Powersat, et pas mal d'autres ouvrages. Dans son prochain roman, Mars Life, il va renouer avec l'aventure Martienne. En attendant vous pouvez lire mes impressions sur Vénus.


alt The Star Fraction Ken MacLeod est lui aussi un auteur très peu présent sur nos rayonnages. Deux romans seulement ont été traduits à ce jour. Je ne comprends d'ailleurs vraiment pas Bragelonne qui a commencé par traduire le troisième tome de sa série Fall Revolution. Il vient de terminer son prochain roman The Night Sessions qui paraitra en août 2008 en Angleterre. En attendant, espérons qu'un éditeur va reprendre le flambeau et nous sortir The Star Fraction, son premier roman et le premier tome de sa série Fall Revolution. Iain M. Banks dit de lui qu'il va devenir un auteur majeur.

alt Accelerando alt Glasshouse alt Halting State

2 ans d'attente c'est à peu près ce que nous inflige le monde de l'édition hexagonale avant d'éventuelles traductions. Cela peut allez beaucoup plus vite mais ce n'est pas le cas pour Charles Stross qui malgré un succès grandissant ne voit pas ses derniers romans apparaitre sur nos étals. Vivement Accelerando, Glasshouse ou Halting State en français.

alt Zoe's Tale

John Scalzi se trouve tout en haut de ma pile des auteurs à découvrir. Les éditions L'Atalante ont déjà édité Le vieil homme et la guerre et Les brigades fantômes le troisième tome parait en français ce mois-ci (cf ci-dessus). Son dernier roman "Zoe's Tale" paraitra en août 2008.


alt Flood alt Raft

Dans le même ordre d'idée je viens de découvrir Stephen Baxter grâce à son voyage, cela me donne envie de continuer l'aventure. Son prochain roman, Flood raconte l'histoire d'un petit groupe de personnes confrontée à la dernière semaine de l'humanité, ils luttent pour survivre face à une innondation qui risque de ne laisser aucune terre émergée. Bonne nouvelle le tome 1 de son cycle des Xeelee, Raft, est en cours de tradution, Gravité sortira en septembre 2008.

alt Miles in Love

En deuxième position sur ma liste d'auteurs à découvrir figure Lois McMaster Bujold avec sa saga Vorkosigan. Miles in Love Un recueil de deux romans et une nouvelle (??Komarr??, A Civil Campaign, Winterfair Gifts) appartenant à ce cycle est paru en février dernier. Mais de ce coté là pas trop de problème de traduction, il y a déjà 15 tomes à lire en français dont par exemple Opération Cay.

alt Incandescence Après l'énorme succès des recueils de nouvelles Axiomatique et Radieux de Greg Egan, espérons que nos éditeurs seront motivés et traduirons Incandescence paru mi-mai en Australie et qui se situe à un million d'années dans le futur.


alt Odyssey alt Cauldron

Je n'ai toujours pas lu le quatrième tome des machines de dieux de Jack McDevitt, Oméga, qu'est déjà paru aux USA les deux suivants, Odyssey et Cauldron. C'est dur de tenir la cadence, c'est dans ces moments là que l'on comprend que le rythme des publications françaises est forcement plus lent.

alt Walcot Certains pensent que Brian W. Aldiss n'écrit plus ces derniers temps, c'est loin de la vérité puisqu'il travaille depuis trois ans à son prochain roman qui sera sans doute le plus épais jamais publié (plus de 500 pages). Walcot étant écrit à la deuxième personne du singulier, son agent n'a pas vraiment aimé, mais il sera tout de même édité en Angleterre cette année.

Et voilà c'est tout pour ce mois-ci. On se donne rendez-vous début juillet pour la prochaine boule de Yet.

précédente boule de Yet


mai 2008

Opération Cay


alt 3p5/5
Lois McMaster Bujold
1997 J'ai Lu
1988 Falling Free
320 pages

alt Opération Cay

Le Dr Cay a peuplé un habitat orbital de créatures à deux doigts humaines pour le compte de GalacTech. Elles seront exploitées dans cet environnement en apesanteur dans le plus pur souci d'économie. Lorsque Leo Graf arrive sur place, il découvrira peu à peu les affres de ces milliers d'âmes sans réelle existence juridique, de simples esclaves génétiques. Mais son rôle de formateur en soudure ne lui offrira qu'un poste d'observateur, ce qu'il ne va pas cesser de faire pour découvrir que le destin de ces quaddies est peut être pire.

C'est mon premier livre de Lois McMaster Bujold et surement pas le dernier. Il n'appartient pas exactement au cycle Vorkosigan mais fait partie du même univers. Il est paru la première fois dans la revue Analog en quatre parties, il est plutôt difficile à trouver de nos jours, il vous faudra débourser environ 10 € pour l'édition originale d'occasion, voilà un livre qui a pris de la valeur, peut-être grâce au Nebula obtenu en 1988 et aux rares rééditions (une seule en 2001).

Chronologiquement, Opération Cay semble être une bonne entrée en matière puisqu'il se situe 200 ans avant la naissance de Miles Vokosigan qui donnera lieu à pas moins de 19 volumes dont 15 ont déjà été traduits. Cette série a même obtenu deux prix Hugo, on a réellement affaire à un monument de la science-fiction américaine qui est lu même à bord de station spatiale internationale, Baen vient d'ailleurs d'annoncer la gratuité de ses ebooks pour les astronautes à bord de l'ISS.

alt Falling Free

Robert Charles McMaster, le papa de Lois mort deux ans avant la parution de Falling free lui a peut-être inspiré le personnage de Leo Graf, ingénieur de renommé internationale, un hommage a été ajouté à l'édition de NESFA Press qui a entamé la réédition cartonnée de ses oeuvres.

La stérilité, la reproduction, la grossesse, la séparation mère/enfant, l'interruption brutale d'allaitement, la malformation, disséminées au sein de cette opération en font une oeuvre résolument féminine avec ses thèmes qui donnerons la chair de poule aux mamans avec ces enfants aux quatre mains. Si je pouvais j'applaudirais des quatre miennes !

À lire


Les peaux-épaisses
Laurent Genefort

Voyage - 1


alt 3p5/5
Stephen Baxter
1999 J'ai Lu
512 pages

alt Voyage - 1

Et si Kennedy avait survécu à son attentat, il aurait sans aucun doute continué à défendre le programme spatial américain et aurait peut-être permis à l'homme de poser un premier pied sur Mars. Voilà l'hypothèse de Stephen Baxter qui lui permet de raconter à sa façon la conquête de l'espace.

Ce roman est d'autant plus d'actualité que nous avons à peine réussit à poser une sonde sur Mars plus de 20 ans après, grâce au programme Phoenix qui est tout de même un succès. Mais sur son blog, Charles Stross remarque que le coût de la guerre en Iraq aurait permis d'envoyer une mission de six astronautes sur Mars. Ce qui confirme sans conteste l'hypothèse de Baxter.

Baxter s'intéresse depuis longtemps aux échecs de la NASA, il a fait des recherches historiques lui permettant de critiquer cette agence qui remet justement un bilan plutôt négatif de ces vingt dernières années. Dans Voyage il met en lumière le fonctionnement de cette agence qui n'a pas fini de perdre du temps en tergiversation politique. Finaliste aux prix Hugo et Arthur C. Clarke, 11ème au Locus, primé par le Sidewise Award, ce roman mérite le voyage ! Je suis d'autant plus enthousiaste, car j'ai failli ne jamais me plonger dans cette lecture à cause de quelques critiques négatives.

A l'image du film l'Etoffe des héros, Stephen va vous plonger dans la conquête spatiale en y ajoutant sa petite touche personnelle. Au détour des pages, vous croiserez Werhner Von Braun, Alan Shepard en compagnie de ses personnages fictifs, ce subtil mélange est intéressant même s'il n'est pas toujours évident de savoir si tel ou tel personnage a réellement existé. Voyage contient aussi une belle collection d'acronymes : PLSS, LEC, MSC, NERVA, STG, JPL, RCS, FAG, OMM, NCC, SimSup, cela vous enlèvera les derniers doutes, il s'agit bien de hard sf. Motorisation nucléaire ou chimique, système d'atterrissage (ballute), isolation thermique, la technologie spatiale n'aura plus de secrets pour vous. Vous serez intime avec l'extraordinaire dureté de la vie d'un astronaute, tests torture, un an de formation puis deux ans de préparation sans jamais être sûr de mettre un pied dans l'espace, avec pour couronner le tout un salaire très moyen au vu des risques encourus, lorsque vous refermerez ce premier tome, vos rêves auront pris un sacré coup de vieux.

Mais sa touche personnelle s'exprime aussi sous forme de clins d'oeils, comme lorsqu'il baptise un module du nom du vaisseau Enterprise de Star Trek ou lorsqu'il évoque la nouvelle série fictive Star Trek Explorer ou une petite équipe d'explorateurs est à bord d'un vaisseau bien fragile. Le sensationalisme est toujours d'actualité du côté d'Hollywood, comme dans le film Armageddon diffusé hier soir et qui frise le ridicule, à quand un film sur un scénario de Stephen Baxter ?

À voir


L'Étoffe des héros

Red Planet

À lire


Voyage - 2
Stephen Baxter

Mars
Ben Bova

La Trilogie martienne
Kim Stanley Robinson