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avril 30, 2007

Colonie – 1

alt 2/5
Ben Bova
1980 J’ai Lu
1978 Colony
256 pages

alt Colonie - 1

Ile Un est un cylindre géant de plus de 20 km de long suspendu dans l’espace à quatre cent mille kilomètres de la terre. Cet immense tube dessiné par des paysagistes abrite une élite composée de quelques personne très riches alors que des milliards d’êtres croupissent dans la misère sur la vielle Terre.

Si vous avez déjà lu Ben Bova, vous vous retrouverez ici en territoire familier. Il y est question de ses thèmes de prédilection : altération climatique, surpopulation, génie génétique, problème énergétique. La commercialisation des progrès scientifiques par les grandes puissances économiques est à l’origine d’une terrible fracture sociale. Les 5 plus grandes multinationales de la Terre se sont réunies en un cartel omnipotent. Le Gouvernement Mondial n’est plus qu’un théâtre de marionnettes.

Le décor de Colonie – 1 est à la hauteur des thèmes abordés, mais Ben Bova ne parvient pas à nous captiver avec une intrigue qui manque de peps. La lutte des classes à l’échelle internationale est certes bien traitée, mais on s’ennuie néanmoins à la lecture de ce premier tome.

Espérons seulement que l’intrigue du deuxième volume sera plus captivante.

alt The Samm Gunn Omnibus

J’ai aussi l'espoir que ses nombreux textes récents : Power Sat, Green Trap et le tout dernier The Sam Gunn Omibus apparaissent un jour dans nos librairies.




À Lire:


Colonie - 2
Ben Bova

avril 28, 2007

Retour à "0"

alt 3p5/5
Stefan Wul
1956 Fleuve Noir
186 pages

alt Retour à « 0 »

Un physicien atomiste est accusé de haute trahison suite à l’explosion de son laboratoire qui détruit une bonne partie de la ville de Lepolvi. Il est condamné à l’exil sur la Lune.

Avec retour à 0 Wul signe son premier roman de science-fiction. Il y découvre une nouvelle veine de l’écriture pas très recommandable à l’époque. Ce nouvel océan lui apporte tellement de satisfaction sur le plan créatif qu’il s’y plonge littéralement.

Lorsque cette idée lui vient à l’esprit, il jette immédiatement les quelques pages de polar en cours d’écriture avec bon espoir de satisfaire sa femme amatrice du genre. Vous découvrirez quelques autres anecdotes dans l’introduction de Laurent Gennefort à ses œuvres complètes.

Retour à « 0 » est complètement déjanté, le bestiaire lunaire est digne d’une bande dessinée de léo. Les décors à celui d’un film de Terry Gilliam (Brazil) et les idées ont sûrement inspirées récemment un labo du M.I.T. (Massachusetts Institute of Technology). C’est sûr l’action se déroule sur la lune mais ne vous arrêtez pas à la critique qui consiste à dire que toute l’histoire est abracadabrante. Laissez vous porter par ce feux d’artifice d’idées.

Bon nombre de projets ont ensuite voulu piller l’artiste, comme le film Le voyage fantastique. Lisez l’original et régalez-vous de son imagination débordante.

À Lire:


La Mécanique du talion
Laurent Gennefort

avril 27, 2007

Les Maîtres des dragons et autres aventures

alt 3p5/5
Jack Vance
2004 Denoël
1963 The Dragon Masters
800 pages

alt Les Maîtres des dragons et autres aventures

La maison d’édition Denoël fait actuellement un travail admirable de réédition des œuvres de Jack Vance. Il ne s’agit pas seulement de remettre à disposition ses textes, mais d’en revoir la traduction par l’intermédiaire du projet VIE. Ce projet consiste en l’édition intégrale de ses œuvres en 44 volumes.

En 2004, j’ai déjà eu le plaisir de lire le superbe volume Emphyrio et autres aventures, contenant entre autres l’intégrale des célèbres aventures de Magnus Ridolph. Le mois dernier est sorti l’intégrale des chroniques de Durdane. J’ai en ce moment entre les mains Les Maîtres des dragons et autres aventures, c’est donc en tout trois volumes superbement illustrés par Sparth et Manchu pour Durdane que Denoël à édité en trois ans.

Ils ont par contre refusé son dernier roman Lurulu, parut finalement en 2006 au Fleuve Noir. Jack Vance est actuellement sous les feux des projecteurs en France et c’est tant mieux.

alt The Dragons Masters

The Dragons Masters est un cours roman (novella) d’une centaine de pages qui a obtenu le Prix Hugo en 1963. Si vous êtes à la recherche de combats sanglants mêlant les créatures les plus féroces : le Meurtrier à longue corne, l’Horreur bleue, le Démon et le Mastodonte, foncez ! Malgré l’excellente renommée de ce roman, je n’ai pas été complètement emballé par ces maîtres. Cette histoire se cantonne un peu trop à mon goût à son univers purement fantasy. Par contre dans ce style, c’est du grand art.

Les éditions Andreas Irle ont obtenu l’autorisation de rééditer l’intégralité du projet VIE au fur et à mesure que les volumes originaux s’épuisent. Devrait voir le jour prochainement la série Lyonnese en trois volumes à 24 € chacun, c’est bien sûr en anglais. A quand une édition française du projet VIE ? Malheureusement, je crois qu’il ne faille pas trop rêver !

Aussi au sommaire :


Les langages de Pao

Les Domaines de Koryphon

Un tour en Thaérie

avril 18, 2007

Galaxie n°49

alt 2p5/5
Philip José Farmer, Daniel F. Galouye, Robert Silverberg
mai 1968
158 pages

alt Galaxie

À montreuil il y a une petite boutique bien sympathique pour tous les amoureux des livres. À chaque fois que j’y mets un pied, en général pour l’anniversaire de mon père, je ne résiste pas à ressortir avec un peu de science-fiction. Cette fois-ci, j’ai limité mon budget, j’ai trouvé un vieux numéro de Galaxie avec entre autre des nouvelles de Silverberg et Farmer.

Galaxie est la traduction d’un magazine américain de science-fiction, Galaxy Science Fiction édité de 1950 à 1980. La version française ne propose pas moins de 222 numéros en deux séries. La première série ( Nuit et Jour 1953-1959) a très mauvaise réputation à cause de traductions de médiocre qualité.

Heureusement, le numéro déniché aux Chasseurs de Livres appartient à la deuxième série éditée de 1964 à 1977 sous l’égide des éditions Opta. Ce magazine s’est spécialisée dans la science-fiction anglo-saxonne, la 2e série à parfois réédité des textes de la première dans une meilleure traduction.

Au sommaire de ce numéro :

1- À la recherche de la Tour Noire par Philip José Farmer
(The suicide express - Worlds of Tomorrow, mars 1966) - Traduction : Michel Deutsch
4p5/5

Quel plaisir de se replonger dans les eaux du Monde du fleuve. Cette nouvelle porte très bien son titre original, Suicide Express puisque ce n’est pas moins de 777 suicides que Burton va réaliser en quête de vérité. À chaque début de chapitre, il est ressuscité sur une nouvelle rive du fleuve. C’est malin comme concept, dès que l’on aperçoit la fin du chapitre en cours on se doute que la mort est proche. L’impression sur 4 colonnes décuple ce phénomène. Cette nouvelle me remémore les nombreuses heures de plaisir lors de la lecture des 5 tomes que composent cette série.

Du coup je vais me mettre en quête des n°48 (Le jour du grand cri) et 56 (la quête de la vérité) de Galaxie dans lesquels se trouvent d’autres nouvelles appartenant à ce cycle.

2- L'anamorphe par Charles Van de Vet
(Lorelei - If, septembre 1961) - Traduction : Paul Alpérine
2p5/5

Un petit coup de déprime au fin fond de la galaxie ? Rassurer vous l’anamorphe n’est pas loin. La sirène de l’espace vous consolera et pourra peut-être vous sauver d’une mort certaine.

Le magazine If appartient aussi au groupe qui édite Galaxy Science Fiction ce qui explique que ses textes soient eux aussi traduits dans cette édition française.

3- Assistance massive par Daniel F. Galouye
(Gravy train - If, mars 1960) - Traduction : Guy Abadia
3p5/5

Quel rapport peut-il y avoir entre des haricots carbonisés, des nuages et la gravité d’un planétoïde ? Une nouvelle complètement loufoque à mis chemin entre Brasil et du Fredric Brown.

4- Le coup du téléphone par Robert Silverberg
(MUgwump four - Galaxy, août 1959) - Traduction : Michel Demuth
2/5

Univers parallèles, mutants, voyage dans le temps, un homme pris au piège. Une nouvelle qui aurait pu être mise en image dans la série Twilight Zone.

5- L'examen par Harry Harrison
(The fairly civil servant - Galaxy, décembre 1967) - Traduction : René Lathière
2/5

Un mode austère, surpeuplé, rongé par l’administration. Voilà comment Harry Harrison nous présente le futur. Pas très optimiste comme vision …

6- Comme un défaut... par K. M. O'Donnell (Barry N. Malzberg)
(We're coming through the window - Galaxy, août 1967) - Traduction : Guy Abadia
1/5

Une machine à voyager dans le temps déféctueuse.

7- Le 9-9-99 par Richard Wilson
(9-9-99 - Galaxy, août 1967) - Traduction : Guy Abadia
1p5/5

Le dernier anniversaire du monde

8- L'homme qui comprenait les machines par Horace L. Gold
(Inside man - Galaxy, octobre 1965) - Traduction : Jacques Papy
1/5

Un homme rongé par les émotions des machines qui l’entourent.

Contre quelques euros, j’ai passé une journée en vraiment bonne compagnie. Galaxie 2ème série c’est vraiment un magazine qui vaut le détour. Si vous en trouvez chez vos bouquinistes préférez, je vous invite à tenter l’aventure, mais attention n’achetez aucun numéro antérieur à mai 1964 sous peine d’être déçu.

À lire :


Le monde du fleuve
1996

avril 17, 2007

Les langages de Pao

alt 3/5
Jack Vance
1965 Denoël
1958 The Languages of Pao
224 pages

alt Les langages de Pao

Pao est un monde étrange comme Jack Vance sait si bien les créer. Son immobilisme va très vite le faire sombrer dans le chaos ou l’asservissement.

Un changement radical est nécessaire pour redonner une once d’espoir à ses 15 milliards d’habitants. L’ingérence de Palafox sera-t-elle salvatrice ou destructrice ?

Écrit en 1958, ce roman aborde la théorie de Whorf-Sapir. Ces linguistes ont émis l’hypothèse que la structure fondamentale du langage détermine la culture et la perception que l’homme se fait du monde. Cette théorie a depuis été largement remise en cause, mais Vance nous permet d’entrevoir à quoi ressemblerait un monde régi par cette notion.

Le subtil jeu politique qui en résulte est lui parfaitement d’actualité à la veille du premier tour des présidentielles. Comme le reflète Palafox, l’ambition est parfois cruellement égoïste.

Pendant 5000 ans, Pao avait été un monde homogène, une planète gouvernée par la tradition, somnolant dans une tranquillité sauvage. Mais Palafox va le façonner à son image par la création d’enclaves néo-linguistiques semblables à des tumeurs bénignes ou malignes.

Le rythme de ce roman est plaisant, Jack Vance nous raconte plusieurs dizaines d’années de l’histoire de Pao en à peine 200 pages. Le jeune Béran, à l’image de Ghyl dans Emphyrio y joue un rôle primordial malgré sa fougue et son inexpérience.

À travers les 8 continents de Pao, je vous invite à découvrir les charmes de ce monde exotique, peut-être que cela va vous inspirer pour choisir votre bulletin de vote dimanche prochain !

À lire du même auteur:


Emphyrio et autres aventures
2004

avril 15, 2007

Les Vautours

alt 3p5/5
Joël Houssin
1999 Flammarion
392 pages

alt Les Vautours

Steve Odds dirige le syndicat du Département Central des Collecteurs qui a la mainmise sur la collecte ad hoc d’organes. Les indépendants ne résistent pas à la puissance de la D.C.C., seul David Toland s’acharne comme le petit épicier devant la grande surface qui vient de s’installer en face.

Ce roman qui a a obtenu le Grand Prix de l'Imaginaire en 1986 se situe dans un futur proche et met en scène la violence urbaine dans toutes ses atrocités. Vous avez peut-être vu le film Dobermann, vous retrouverez ici la même ambiance sanguinolente. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard puisque ce film est basé sur une série de Joël Houssin qui depuis quelque temps écrit principalement des scénarios la télévision.

"Partout, les Collecteurs attendaient, surveillant la cité comme des vautours …"

Joël nous décrit une citée gangrénée par la corruption, l’argent y règne en maître absolu. Le mal est à notre porte, une partie du récit se déroule à Paris et en proche banlieue. La mort est devenue une source de revenus pour le syndicat. Plus rien ne l’empêche de la provoquer pour augmenter ses bénéfices.

On nage en plein polar, aucun archétype n’a été oublié : drogue, prostitution, caïd, meurtres. L’alternance entre les salons huppés et les pires bas fonds de banlieue met en relief la cruauté de la fracture sociale. Joël Houssin illustre cette disparité dans le domaine de la santé, à une époque ou les organes sont commercialisés par un subtil système informatique, l’espérance de vie est proportionnelle à l’épaisseur de votre compte en banque.

Le roman est construit comme une série policière par une succession de petites saynètes qui finissent par interagir. Cette architecture donne au roman un rythme effréné, on a pas envie de le refermer avant la fin, comme un bon polar !

J’ai juste un petit regret, il me manque une ou deux pièces de ce puzzle pour pouvoir admirer l’œuvre dans son ensemble. Mais c'est sans doute de ma faute, je n'ai jamais été très fort en puzzle.

À lire :


F.A.U.S.T.
cycle F.A.U.S.T. - vol 1
1996

avril 11, 2007

Ultimax

alt 0/5
Keith Laumer
1980 Le Masque Science-Fiction
256 pages

alt Ultimax

Et si l’homme qui valait 3 milliards était fabriqué par un extraterrestre ? Ultimax Man est née. Il devra néanmoins s’affranchir de ses maitres pour avoir une chance de survivre.

Je ne sais pas ce qu’il m’a pris mais il y a une quinzaine d’années je me suis mis en tête de collectionner Les Masque Science Fiction (1974-1981). Il faut dire que je suis collectionneur dans l’âme, mais je me suis vite rendu compte qu’au rythme de mes acquisitions il me devenait difficile de tout lire. J’ai donc mis le holà, pour moi un livre acheté doit être lu, jusqu’au bout et éventuellement revendu.

alt Chasse sur la lune rouge

Sur les 116 ouvrages parus dans cette collection, Il y a tout de même pas mal de volumes qui sortent du lot. Comme par exemple Chasse sur La Lune Rouge de Marion Zimmer Bradley. On y retrouve de nombreuses plumes prestigieuse : Robert Silverberg, Isaac Asimov, Frederik Pohl, avec souvent des premières traductions en France. En consultant la liste dans le Rayon SF j’ai bien envie de reprendre ma collection.

Mais Ultimax ne fait pas parti de ses éclats. Il s’agit d’un roman sans saveur. Le peu d’intérêt qu’il suscite au premier paragraphe s’évapore dès les pages suivantes. On est à la limite de l’écœurement devant un tel déballage de pouvoirs : transmission de pensée, lévitation, rémission instantanée, apiculture, tannage de peaux, comptabilité, physique nucléaire. On atteint même le comble du ridicule lorsque Dammy téléporte sa purée directement dans son gros intestin, quel progrès !

Dammy voyage aux confins de l’univers pour finir menotté par un flic extraterrestre. L’humour aurait peut-être pu sauver ce roman mais tout le monde ne s’appelle pas Fredric Brown.

Si vous cherchez un ouvrage sur ce thème lisez plutôt Le Dernier de son espèce d’Andreas Eschbach, il n’est pas encore sur mon étagère, mais viens de rejoindre ma wishlist :-). Ou prenez du bon temps devant Heroes, un comics à la télé.

Vous trouverez toutes les infos sur cette collection sur l’excellent site de référence.

Après une longue absence des bureaux de votes je viens de recevoir ma carte d’électeur. Mais je ne vais pas m’en approcher tant que ça, je vais faire une procuration. Par contre qui d’après vous sera le mieux à même de défendre la science-fiction ?

Sans plaisanter, c’est Ben Bova qui déplore le style de nos gouvernants qui ne savent pas initier des projets à long terme sur 15 ou 20 ans dont ils ne verront pas les retombés immédiates. Il va même jusqu’à dire que si l’on avait initié un projet de satellite solaire, qui capte l’énergie solaire en orbite et la renvoie sous forme de micro onde concentré sur Terre, et bien on l’aurait notre première centrale orbitale. Non, non, il faut que notre bonne vieille planète tourne toujours au pétrole. Je croyais qu’on avait des idées … Allez, je vote Ben Bova le 22 avril. S’il perd j’offre au prochain président Powersat de Ben Bova justement.

C’est fou ce à quoi cet Ultimax nous amène.

avril 09, 2007

Les ailes de la nuit

alt 4/5
Robert Silverberg
1975 J’ai Lu
1968 Nightfalls
213 pages

alt Les ailes de la nuit

Un homme de la confrérie des guetteurs observe les cieux à la recherche d’un envahisseur potentiel. L’humanité lors d’un précédent cycle s’est mal conduite, les habitants de H362 ont promis qu’ils se vengeraient. Mais de nombreux membres de cette confrérie finissent par ne plus croire à cette menace intangible. La confrérie des défenseurs sera-t-elle à même de repousser une éventuelle invasion ?

C’est ce que nous allons découvrir dans ce roman écrit en 1968 à partir d’une nouvelle qui a remporté le prix Hugo en 1969. L’œuvre de Silverberg n’a pas souvent été récompensée sous sa forme la plus longue aux USA. À part le temps des changements et son Nebula (1971), aucun de ses nombreux romans n’a été récompensé par un prix américain. En France par contre ce roman à obtenu le Prix Apollo en 1976. Ce roman sera souvent cité dans les listes d’œuvres de référence : Le Science-Fictionnaire (Stan Barets), Anthologie de la littérature de science-fiction (Jacques Sadoul).

Dans un futur lointain et suite à une catastrophe écologique majeure, l’humanité renaît de ses cendres. À cause des ravages du temps, l’homme a tout oublié. La confrérie des Souvenants a beau fouiller les sédiments, seule une infime partie de la gloire du précédent cycle sera exhumée. C’est peut-être mieux ainsi, pour ne pas reproduire les erreurs du passé.

Volants, défenseurs, maîtres, pèlerins, vendeurs, visiteurs, serviteurs, scribes, communicants, transporteurs, clowns, propriétaires, dominateurs, musiciens, coteurs, somnambules, chacun trouve sa place dans l’une de ses nombreuses confréries à part quelques exclus hors confrérie ou neutres. Les confréries donnent une armature et une signification à une société vaincue et désintégrée, mais les choses risquent d’être bouleversées. C’est justement le commencement d’un nouveau cycle que Robert Silverberg s’attache à nous décrire. Les envahisseurs ne sont qu’un artifice pour chambouler un ordre aussi bien établi et en étudier ses effets sur l’homme.

Je ne suis habituellement pas passionné par les créatures ailées, mais la gravité des thèmes abordés et la magie de la mise en scène vont bien au-delà du simple conte fantastique. La couverture n’est malheureusement pas à la hauteur, on se demande bien pourquoi Avluela brandit une épée dans l’édition de 1984. Heureusement dans les nombreuses autres éditions françaises l’épée a disparu. Voilà la couverture de la première édition aux USA .

alt Nightwings

L’ultrapoche de capacité illimité, bien pratique, me rappelle le dessin animé capitaine caverne. Lui aussi à une ultrapoche !!!

Quand on connaît la passion de Robert Silverberg pour l’archéologie, on ne lit pas le roman de la même manière. Ne caressait-il pas le rêve de se reconvertir lui aussi ? De guetteur à souvenant ? Pour vous en convaincre vous pouvez lire sa nouvelle Ce rouge éclat est le matin, présente dans le volume 4 de ses nouvelles au fil du temps

alt sebisaac.jpg

J’ai bien envie de vous parler de ce roman pendant des heures mais je me doute que la probabilité d’un clic souris est proportionnelle à la longueur de cet article.

En plus petit Isaac s’impatiente. La lecture c’est génial avec bébé, mais l’écriture c’est une autre paire de manches.

À lire du même auteur :


L'Homme dans le labyrinthe
1969

avril 07, 2007

L'île des morts

alt 3/5
Roger Zelazny
1993 J’ai Lu
186 pages

alt L'île des morts

Francis Sandow est créateur de mondes, le seul humain parmi les Pei’en. Il est porteur de nom et l’un des hommes les plus riches de la galaxie. Mais lorsqu’on fait partie des cent plus grosses fortunes, on n’est pas pour autant à l’abri des dangers.

La première partie de ce court roman est passionnante. On y découvre Francis dans sa vie quotidienne faite de luxe et de volupté. Il ne soucis pas vraiment de sa fortune, mais une vieille connaissance risque de lui causer bien des soucis.

Roger Zelazny utilise la métaphore comme celle du grand arbre ou il compare la richesse de Sandow aux feuilles d’un grand arbre. Amasser, capitaliser correspond tout simplement à écrire son nom sur ses feuilles qui finiront de toute façon par tomber. Il critique aussi l’administration dans son ensemble et n’apprécie guère la bureaucratie.

"- Comment arrivent-ils à vous payer à la journée quand vous voyagez dans le subespace ?
-C’est un calcul très compliqué, a-t-il répondu."

Roger Zelazny est lui-même faiseur de mondes, aurait-il eu à subir de ce mal ? Capitalisme à outrance face aux dérives de nos institutions ne sont-ils pas des obstacles à la création artistique ?

Il y a une rupture assez nette à la moitié du roman, comme s’il avait fait une longue pause lors de son écriture. Je m’y suis un peu perdu, mon imagination en parfait accord au début s’est vue refoulé vers la fin.

L’île des morts est encrée dans son époque avec ses appels en PCV et ses câbles avec réponse payée, mais peut-être est-ce pour mieux mettre l’accent sur l’argent. D’un autre côté, les préservatifs abandonnés sur la plage ne sont pas encore au centre du sujet ou alors principalement comme moyen contraceptif.

L’île des morts est un roman poétique qui donne envie de lire du Zelazny, car à l’image de Jack Vance, c’est un talentueux créateur de mondes.

À lire


L'âge de diamant
Neal Stephenson
1998

avril 05, 2007

L'arche de la rédemption

alt 4/5
Alastair Reynolds
2006 Pocket
1052 pages

alt L'Arche de la rédemption

Un trio de vaisseaux part en mission d'exploration de l'espace profond, au-delà de la limite cartographiée par l'homme. Ils en ramèneront d’étranges cubes noirs, sans doute hostiles. Sont-ils réellement responsables, n’est-ce pas plutôt Dan Sylveste qui a le premier mis le doigt dans l’engrenage ?

Vous les attendiez peut-être si vous avez suivi yet depuis quelques semaines, voilà mes notes sur L'arche de la rédemption, troisième tome de l’espace de la révélation.

L’arche avec ses quelques 1000 pages est un pavé, mais c’est aussi celui que j’ai lu le plus vite. La lecture des deux précédents tomes n’est pas nécessaire, mais ce troisième volet tisse tout de même de nombreuses connections avec la trame de l’espace de la révélation. La Cité du gouffre, le tome précédent est en quelque sorte un intermède.

L’Agent 004 va se voir confier une mission très spéciale, Monsieur M l’attend au cœur d’un astéroïde pour le briefer. Non non, attendez il ne s’agit pas d’un James Bond, M n’est présent que dans mon imagination, mais ce petit clin d’oeil est lui bien réel. En parlant de clin d’œil, l’influence de Iain M. Banks est elle aussi bien visible au travers du nom des vaisseaux interstellaires : L’ombre de la nuit, Oiseau de tempête, Lumière zodiacale, Spleen de l’infini. Si vous n’avez pas lu son cycle de la culture, c’est peut-être le moment.

On pouvait s’en douter, mais L’arche de la rédemption est un bestiaire des plus hétéroclites. Après les serpents de La Cité du gouffre, Alastair nous présente désormais les araignées, les loups, les hyperporcs, les larves, nous sommes réellement au cœur d’un zoo galactique.

La technologie y tient toujours un rôle prédominant, l’ambiance est postcyberpunk, il ne s’agit plus seulement d’implants sous forme de puces électroniques, mais de médechines nano-technologiques capable de vous maintenir en vie coûte que coûte. Alastair pousse la notion de vitesse dans ses retranchements, il n’exclut plus le voyage au-delà de la vitesse de la lumière, mais cela reste tout de même du domaine théorique.

Il transcende la mort par tous les moyens, Clavain n’a pas moins de 400 ans. Cryosomnie, exosquelette, schèmes mystifs, médechines et simulation de niveau bêta son à peine suffisantes pour surmonter toutes les épreuves en ce XXVIIe siècle. C’est même à travers le vide sidéral que ses héros seront à même de survivre.

Ce troisième tome est aussi une réussite du point de vue de la traduction qui respecte les subtils jeux de mots. Comme lorsque l’on retrouve Remontoir sous le nom de Mr Tic Tac.

L’arche de la rédemption nous donne les clefs pour appréhender les inhibiteurs, d’où viennent-ils ? Quels but poursuivent-ils ? Alastair n’est pas avare de réponses, c’est même tout le contraire et parfois la répétition est un peu lassante. On a l’impression d’être devant un résumé avant le prochain épisode d’une série. Ce phénomène n’est pas gênant et d’autant moins si vous le lisez à petit feu. C'est aussi utile aux lecteurs qui auront attendu plusieurs mois entre le premier et le troisième tome.

Tout au long de la lecture, à cause de la dramatisation de l’intrigue, L’arche de la rédemption nous donne la sensation d’être une conclusion de son cycle. Mais rassurez-vous Alastair n’en restera pas là. A l’image de Laurent Gennefort avec sa Panstructure, il nous propose de développer son univers des inhibiteurs sans contraintes. Espérons qu’il nous ravira du même sense of wonder pendant de nombreuses années.

En bref Si vous êtes amateur de Hard SF et que vous n’avez pas peur d’ouvrir un pavé, vous pouvez entamer le voyage qui commence avec l’espace de la révélation et ne se termine pas tout à fait dans l’Arche de la rédemption.

En bonus et parce que la lecture n’est pas tout le temps possible, en bus par exemple, en tout cas pas pour moi, je vous propose de découvrir un enregistrement de deux maitres Frederik Pohl et Jack Williamson. Ils abordent le sujet du travail collaboratif. C’est en anglais avec dans le cas de Jack un accent pas très facile à déchiffrer, mais c’est tout de même un voyage passionnant avec quelques anecdotes croustillantes.

À lire (dans le même univers)


L'espace de la révélation
2004

La cité du gouffre
2006

Le Gouffre de l'absolution

Diamond Dogs, Turquoise Days
2006