« janvier 2006 | Main | mai 2006 »

avril 24, 2006

Les Machines de Dieu

1/5
Jack McDevitt
2001 L'Atalante

1994 The Engines of God

512 pages

Les Machines de Dieu

Propulser des archéologues dans la galaxie à la recherche de traces d'anciennes civilisations, voilà l'idée de Jack McDevitt.

Richard Wald et sa pilote Pricilla Hutchins sont sur les traces d'un mystère, celui des Bâtisseurs de Monuments. Mais à quoi sert cette ville fantôme d'Oz, construire à partir de blocs presque identiques. Maggie Tufu arrivera-t-elle à déchiffrer les quelques brides de Casumel Linéaire C pour découvrir les secrets de ces monuments ?

Jack McDevitt nous invite dans un space opera dans la plus pure tradition avec ses voyage hyperluminique (VHL) et ses intrigues intergalactiques.

Les Machines de Dieu ne sont pas non plus dénuées d'humour, ni de personnages d'ailleurs. C'est pas moins d'une quarantaine d'individus que vous allez rencontrer dans son roman.

Mais rassurez-vous Jack Mcdevitt possède un réel talent pour en brosser un rapide profil pour que vous vous y retrouviez malgré tout. Il semble prendre un réel plaisir à en introduire de nouveaux à la moindre occasion. Comme par exemple lorsqu'Il prend pour prétexte de la séparation de Pricilla et Carl pour évoquer la professeure Terpsa Pepperdil avec laquelle il souhaite refaire sa vie.

Une autre particularité de ce roman en est son style, avec ses nombreux courriers, son service info, ses archives, son livre de bord et son forum bibliothèque, il nous tient véritablement en haleine.

Les Machines de Dieu est un roman agréable à lire que vous aprécierez d'autant plus si vous aimez les space operas. Il ne me reste plus qu'à lire la suite en espérant qu'elle sera à la hauteur.

À lire (la suite) :
2. Deepsix
3. Chindi
4. Oméga
5. Odyssey (non traduit)

À voir

- Indiana Jones

avril 19, 2006

Le Dit D'Aka


Ursula Le Guin
Cycle de l'Ekumen
2000 Robert Laffont
2000 The Telling
184 pages

Le Dit D'Aka

La planète Aka a de grandes ambitions et souhaite rattraper son retard technologie au prix d'un immense sacrifice, celui de son histoire, de ses traditions et de ses coutumes. Le passé est désormais hors la loi, toute déviance est proscrite. Les camarades producteurs-consommateurs sont soumis à une police intransigeante qui traquera dans ses moindres recoins les résidus de l'ancien temps. Sutty envoyé par l'Ekumen s'immisce dans ce décors totalitaire pour tenter de sauver les fondements de cette société en perdition. Son rôle ne sera bien sûr pas d'intervenir, mais d'observer pour conserver le souvenir de cette civilisation.

Presque 30 ans après La main gauche de la nuit, Ursula nous propose Le Dit D'Aka, un nouveau roman appartenant à son cycle de l'Ekumen. Publicité omniprésente, société avide de technologies, l'Aka est émule de l'Ekumen mais ne sait pas trop comment s'y prendre.

Nous avons apprécié les idées que véhicule ce récit, mais beaucoup moins sa forme. Sutty n'a que trop souvent son noteur comme seul compagnon. Les longs monologues qui le parsèment ne trouvent pas leurs places dans un texte aussi court. Le Dit D'Aka possède un squelette solide sous forme de réflexion philosophique, mais manque de chair. On reste sur sa faim.

L'édition Robert Laffont y a adjoint le nom du monde est forêt ainsi qu'un essai de Gérard Klein, Malaise dans la science-fiction américaine. Cet essai fait un très intéressant parallèle entre l'oeuvre d'Ursula Le Guin et celle de Claude Lévi-Strauss. Gérard Klein y aborde aussi le virage de la SF en 1960 et ses années noires dans le contexte d'une Ursula à part.

Idée de lecture :
- Emphyrio de Jack Vance

Idée de film :
- Blueberry

avril 17, 2006

Le Nom du monde est Forêt


Ursula Le Guin
Cycle de l'Ekumen
1984 Pocket
1972 The word for world is forest
164 pages

Le Nom du monde est Forêt

La peur grandit au sein de la population Athléenne, les créates, ils assistent aux assauts de l'homme, à l'abattage et à l'exploitation de la forêt, car en Ahléen le mot pour monde est forêt.
Don Davidson, dompteur de monde, débarque de son NAFAL (Not As Far As Light) sur cette planète à 27 années-lumière de la Terre pour fonder une nouvelle colonie terrienne.


Elle est bien loin la délicatesse avec laquelle Genly Aï se lie d'amitié avec la planète Gethen dans la main gauche de la nuit. L'Ekumen n'a pas encore atteint sa maturité et sous sa forme actuelle la ligue entre les mondes civilisés n'est pas exempte de défauts. L'Ansible permetttant la communication instantanée est à peine maîtrisé et peu répandu. Les colonies sont livrées à elles-mêmes et malgré l'amitié qui se tisse entre certains individus étrangers comme entre l'anthropologue Lyubov et Selver l'Athléen, la nature de l'homme risque de prendre le dessus.

Les créates sont un peu à l'image des Ewoks de La guerre des étoiles un peuple pacifique qui ne demande qu'à se lier d'amitié avec l'homme. Ou du moins, c'est ce que croit Lyobov. Car lorsqu'il sera nécessaire la guérilla à l'image de la guerre du Vietnam sera peut-être leur seul recours. Ursula nous renvoie ainsi à notre propre violence maladive et contagieuse qui anéantit tout sur son passage.

"C'est un fait, le seul instant où un homme est vraiment totalement un homme, c'est quand il vient de se faire une femme ou de tuer un autre homme." (page 247)

Mais que pourront faire une poignée d'hommes face à 3 millions de créates repartis sur 40 îles au beau milieu d'un immense océan. Ursula Le Guin va nous le faire découvrir comme à son habitude à petit feu, peut-être aurait-il fallu attiser un peu plus les braises cette fois. Mais j'ai tout de même apprécié ce récit récompensé par un prix Hugo et qui nous permet d'entrer dans les fondations même de l'Ekumen.

À lire aussi :
- Les Profondeurs de la terre de Robert Silverberg

avril 16, 2006

La main gauche de la nuit


Ursula Le Guin
Cycle de l'Ekumen - 1
1984 Pocket
1969 The Left Hand of Darkness
320 pages

La main gauche de la nuit Nivôse, à 17 ans de voyage de la plus lointaine planète de L'Ekumen est une planète glacière implacable. Genly Aï y sera envoyé et se confrontera à ses glaciers. Il va oeuvrer pour l'accroissement de la complexité et de l'intensité du champ de la vie intellectuelle et tente de rallier Gethen à l'Ekumen, union multimondiale de 83 mondes habités.

Le charme de ce récit tient pour bonne part aux décors lointains et étranges, mais surtout au style de l'auteur. Ursula alterne les époques et les points de vues d'un chapitre à l'autre. Elle nous raconte les vieilles légendes de cette planète comme les aventures les plus folles de l'Envoyé. Ursula à l'art de nous évoquer les élements de son histoire à tout petit feu et parfois même sans même les écrires. La magie se situe entre les lignes.

Le mystère est le meilleur artisan du merveilleux. (page 89)

Elle a ce souci du détail jusqu'à préciser lors de son récit l'instant ou certains chapitres sont écrit pas ses protagonistes. La sonorité et l'étrangeté des noms de villes, des personnages et du calendrier dépaysent le lecteur jusqu'a le laisser dans l'incertitude. Ce n'est que vers la fin que nous comprenons certaines phases :

Trêve de vos maudites métaphores fumeuses à la karkaïdienne. Je fais le sacrifice de mon shiftgrethor, j'y renonce. (page 96)

Pas moins de 62 mots sont nécessaires en Karhaïdien pour décrire les différents états de la neige, pour dire la volonté évocatrice de l'auteur.

Ce réalisme dans l'étrangeté est envoûtant et décuplé par certains chapitres sur la physiologie des habitants de Nivôse. Comme celui consacré à leur sexualité. Lorsqu'on découvre qu'Ursula Le Guin est la fille d'un ethnologue et d'une écrivaine, on comprend mieux la source de son inspiration. La spécificité de cette population lui permet d'aborder des thèmes bien terrestres comme notre propre sexualité et son rapport au pouvoir et à la guerre.

Le Roi est enceint. (page 111)

Comme ci la seule possibilité pour une femme d'accéder au pouvoir est d'être un homme. À contrepied elle parsèmera l'histoire de clins d'oeil comme lorsqu'elle nous donnera la définition du mot femme.

Femme : mot du langage terrien désignant un être humain femelle unisexué. (page 248)

Cet état d'esprit ne plaira pas à tous les lecteurs, Jacques Sadoul dira de ce roman dans son histoire de la science-fiction moderne "C'est à vous glacer d'ennui". Mais regrettera son point de vue dans la conclusion de son ouvrage. Son avis tient peut-être à la dernière partie du roman qui est une longue traversée du désert glacé à l'image du Sommet des Dieux de Jirô Taniguchi. Nous ne partageons pas son ressentiment et avons aussi beaucoup aimé ce manga qui raconte l'aventure de l'Everest en 5 volumes.

La main gauche de la nuit appartient au cycle de l'Ekumen qui a obtiendu 3 prix Hugo :

- La main gauche de la nuit (The Left Hand of Darkness - 1969)
prix Hugo / prix Nebula

- Le nom du monde est forêt (The Word for World is Forrest - 1973)
prix Hugo

- Les Dépossédés (The Dispossessed - 1975)
prix Hugo / Prix Nebula / Prix Locus

- Le Dit d'Aka (The Telling - 2000)
son dernier roman qui a obtenu le prix Endeavour.

Si comme moi vous avez dévoré ce roman vous pourrez ensuite lire avec autant de plaisir le Cycle de la Culture de Iain M. Banks en commençant par exemple par l'Homme des jeux.

avril 14, 2006

Les meilleurs récits de Weird Tales - 1 : période 1925/32


Jacques Sadoul présente
1975 J'ai Lu
251 pages

Les meilleurs récits de Weird Tales - 1

Jacques Sadoul illustre personnage de la SF française et passionné de pulps a rassemblé au sein de la collection science-fiction chez J'ai Lu les plus grands textes des pulps Américain d'Amazing à Wonder Stories en 14 volumes. Je vous présente aujourd'hui le premier volume consacré à Weird Tales (1925/32). Les 279 numéros de ce magazine sous titré "the Unique Magazine" à juste titre sont entre 1923 et 1954 et ont permis l'émergence de grands noms comme H.P. Lovecraft, Edmond Hamilton, C.L. Moore, Robert Howard, etc.

Voilà le résumé et une brève critique des nouvelles de cette anthologie.

1. Clark Ashton SMITH, L'Empire des nécromants (The empire of the necromancers) 2/5

Une terre aride et désolée est de nouveau cultivée par un peuple de morts vivants réveillés d'outre tombe par deux spécialistes Nécromants. Sodosma et Mmatmuor vont ainsi régner sur ce royame des morts et se complaire dans le luxe et l'ivrognerie. Mais une lueur de rébellion prend naissance chez Illeiro, le plus jeune et le dernier empereur Nimboth. Parviendra-t-il à libérer son peuple de cet atroce destin.
Ce texte situe bien le thème de ce magazine, il ne s'agit plus tout à fait de SF, mais bel et bien de récits fantastiques. L'empire des nécromants donnera ensuite son titre à la traduction de l'anthologie de nouvelles de cet auteur (Lost Worlds, 1944) parues en 1986 puis réédité en 1998.

2. David H. KELLER, La Chose dans la cave (The thing in the cellar) 3/5

Depuis tout petit Tommy Tucker a une peur terrible de la cave. Est-il plus perceptif à une forme de vie inconnue de ses parents comme le croit le docteur Johnson que le médecin de famille consulte à ce sujet ?
Cette nouvelle est intéressante pour comprendre l'importance et l'attention que l'on donne aux enfants dans les années 30. Le Docteur Keller est à ce point de vue avant-gardiste et fait très bien transparaître ces idées dans ce texte. Mais l'humanisme du Dr Keller est à mettre en perspective à la lecture de The Menace récit le plus raciste de la vieille science-fiction (Jacques Sadoul, Amazing Stories 1926/32). David Henry Keller n'a rien à voir avec Richard Henri Bessière qui à parfois utilisé le pseudonyme de D.H. Keller.

3. Frank Belknap LONG, Les Chiens de Tindalos (The hounds of Tindalos) 1/5

Chalmers, un rebelle, un ardent défenseur de l'originalité et des causes perdues entreprend un voyage à travers le temps à l'aide d'une nouvelle drogue de sa découverte. Il va remonter le temps grâce au Liso mais c'est le bon vieux Whisky qui le ranimera. Au cours de son voyage il va rencontrer les chiens affamés de Tindalos sur les traces de l'homme. Parviendra-t-il à les déjouer pour ne pas payer le prix fort de sa visite dans la quatrième dimension ?
La conclusion de cette nouvelle en gazette de journal, rapport de chimiste et en journal intime donne un trait de réalisme à cette histoire invraisemblable tout à fait dans le ton de Weird Tales

4 - Robert E. HOWARD, Les Miroirs de Tuzun Thune (The mirrors of Tuzun Thune) 2/5

Une fille de la cours souffle au roi Krull là de toutes choses de visiter Thuzun Thune, un mage de la race éteinte. Krull fit de nombreux séjours à la Maison des Milles Mirroirs où son rêve de pénétrer la personne dans le miroir devient une réelle obsession. Est-il ensorcelé ou observe-t-il les réalités alternatives de ce monde multiple ?
Lue de nos jours, cette nouvelle change complètement de perspective et donne réellement l'impression d'aborder les méfaits de la télévision 20 ans avant son invention. Kull à par ailleurs été adapté en comics.

5. Seabury QUINN, La Malédiction des Phipps (The curse of the house of Phipps) 2/5

Les papas Phipps sont maudits et meurent de génération en génération à la naissance de leur premier enfant. Jules de Grandin mène l'enquête à partir du journal intime d'obediah. Il va remonter la piste jusqu'à la maison familiale abandonnée depuis des années ou un terrible acte a été perpétré peut-être à la source de cette malédiction.
Cette nouvelle aurait pu être le script d'un épisode de Scoobidoo mais traîne en longueur, dommage, car les personnages sont attachants.

6. H. F. ARNOLD, Dépèche de nuit (The night wire) 3/5

Les rumeurs d'un étrange brouillard noir nous arrivent par le biais d'un opérateur télégraphique. Il semble prendre vie dans les rues de Xebico, mais cette ville ne figure dans aucun atlas.
Cette fois-ci on aimerait que l'auteur nous en dise plus sur ce mystérieux brouillard. Son concept d'opérateur connecté avec l'étrange est une astuce bien trouvée.

7. E. Hoffman PRICE, Le Présent du Rajah (The Rajah's gift) 3.5/5

Le Rajah Lacra-Kai fait un cadeau à Zaïd, le petit mendiant des rues parvenu au plus haut poste à son service. À sa demande il lui offre de défiler en grande pompe jusqu'à la même place que son maître vénéré.
Un récit en provenance directe des contes des mille et une nuits.

8. G. G. PENDARVES, Le Huitième homme vert (The eighth green man) 3/5

L'esprit matérialiste de Nicholas Birkett n'écoute pas les conseils du célèbre explorateur d'Abre et s'engage sur une route beaucoup plus dangereuse qu'il n'y paraît. Lorsqu'il se retourve en face des Sept homme vert son compagnon insiste pour fuir ce lieu maudit, mais Birckett fonce tête baissée dans le piège si astucieusement tendu.
L'un des récits les plus populaires de Weird Tales, publié pas moins de trois fois à la demande des lecteurs. G.G. Pendarves est le pseudo de Gladys Gordon Trenery qui nous livre un récit qui prend racine si j'ose dire.

9. Clark Ashton SMITH, L'Ile inconnue (The Uncharted Isle) 1.5/5

Mark Irwin en perdition échoue sur une île ne figurant sur aucune carte. Son espoir renait lorsqu'il aperçoit au loin des hommes en montant sur le point culminant de l'île. Mais seul la folie le guêtte au sein de cette population hors du temps.
Une nouvelle agréable à lire mais sans grande originalité. Le thème de l'île mystérieuse est toujours de nos jours sous les feux de la rampe comme par exemple avec la série Lost.

10. Edmond HAMILTON, Le Dieu monstrueux de Mamurth (The monster-god of Mamurth) 3/5

La cité de Mamurth recèle de terribles secrets qui attirent irrésistiblement les explorateurs les plus téméraires. Il s'agit peut-être de la dernière citée inexplorée de la planète. Mais comme un insecte attiré par la lumière, l'explorateur risque de se prendre dans sa toile.
Premier texte professionnel d'Edmond Hamilton où l'on découvre cet auteur sous une nouvelle facette qu'il maîtrise tout aussi bien que le traditionnel space opera.

11. John Martin LEAHY, Sous la tente d'Amundsen (In Amundsen's tent) 3/5

Les régions reculées du monde sont souvent propices aux histoires les plus extraordinaires. C'est au pôle sud que nous amène John Martin Leahy. A 25 km du pôle exactement une tente isolée résiste aux assauts du vent violent et recèle de lugubres restes mortels. On y trouvera aussi un journal qui nous révélera peut-être le terrible destin de ces explorateurs bien téméraires.
Si l'auteur a voulu nous enlever toute idée de faire un voyage au pôle, c'est réussi.

12. H. P. LOVECRAFT, La Piste très ancienne (The ancient track) 1.5/5

Au vu de l'importance de H.P. Lovecraft pour le genre que Weird Tales représente si bien, on regrette qu'un texte plus conséquent n'au pas rejoint cette anthologie. Un problème de droit d'auteur sans doute ?

13. Abraham MERRITT, La Femme du bois (The woman of the wood) 3/5

Mac Kay se remet à peine des traumatismes de la guerre qu'il assiste à un nouveau conflit en pleine forêt. Va-t-il assister impassible à cette oeuvre de destruction ou s'interposer et ainsi risquer de réveiller des blessures profondes. Pour vous donner un élément de réponse sans vous dévoiler toute l'histoire, Mac Kay est un personnage sensible et va se entraîner par ses émotions dans un combat qui risque de lui coûter sa santé mentale.
Un texte majeur de Meritt qui a influencé beaucoup d'auteurs de Weird Tales même s'il fut le seul de cet auteur jamais publié dans ce magazine.

Quelque soit la qualité de ces 13 (tient donc) nouvelles rassemblées par l'admirable travail d'anthologiste de Jacques Sadoul, nous le remercions pour nous permettre d'y avoir accès, Weird Tales étant l'un des pulps le plus recherchés des collectionneurs aujourd'hui. Il n'existe en effet que 5 ou 6 collections complètes dans le monde. Si vous aimez le style que représente ce pulp nous vous encourageons vivement à vous y plonger, ne tarder pas trop à vous procurer ce volume, car il semblerait que sa côte soit revue à la hausse. Rassurez-vous vous le trouvez encore de nos jours à quelques euros seulement chez un bon bouquiniste.

Si vous souhaitez connaître un peu mieux Jacques Sadoul et entrer dans la grande aventure qu'il a mené pendant plus de 40 ans dans l'univers de l'édition vous pouvez lire ses mémoires C'est Dans la poche ! qui viennent de paraître. En attendant vous retrouverez les couvertures de ce magazine sur le site de Noosfere.

avril 10, 2006

La Brigade du Grand Sauvetage

1/5
Peter Randa
1975 Fleuve Noir
224 pages

La Brigade du Grand Sauvetage

Une expérience tourne mal et irradie une planète lointaine finalement abandonnée. Mais un gigantesque arbre, l'ibérante prend racine et mute dangereusement. Sa sève prend conscience de son existence et rêve de dominer le monde. Grâce à ces relais humains qu'elle habite, elle commence à s'étendre. Seule la brigade du grand sauvetage munie de ses pouvoirs télépathiques aura une chance de sauver l'humanité.

Une histoire que vous auriez très bien pu lire dans les pages du magazine Weird Tales en 1925. Mais c'est hélas en 1975 que Peter Randa nous propose ce roman qui laisse une désagréable sensation de déjà vu. Alors que pendant ce temps Joe Haldeman nous propose La Guerre Eternelle (The Forever war), un excellent roman autobiographique ou il raconte ses souvenirs du Vietnam dans un décor de space opéra.

Remplacez la Brigade par le MI-5, la plante par l'Union Soviétique et vous obtiendrez un pur roman d'espionnage avec en plus ses infirmières aux blouses transparentes.

Préférez plutôt les semeurs d'abîmes (FN n°1244) de Serge Brussolo.

avril 09, 2006

Le Sceptre du Hasard

4.5/5
Gilles D'Argyre
1968 Fleuve Noir
250 pages

Le Sceptre du Hasard

Ingmar Langdon regarde les boules qui tournoyaient sur son écran comme sur des milliards d'autres répartis sur une centaine de mondes. Le 19 juin 2387, il dévient le nouveau stochastocrate désigné au hasard par ce grand jeu du pouvoir. Il ne songe alors qu'à fuir pour échapper aux intrigues de palais et à un rôle qu'il ne souhaite pas jouer. Mais la fuite n'est pas aisée d'autant moins lorsque votre visage est connu par des millions de personnes. Dans le passé, et selon les livres qu'il avait lus des auteurs qu'il chérissait tout particulièrement, les Dolemieux, les Bessières, les Steiner, les Glenn, les héros fuyaient en général les villes ou ils étaient traqués et se réfugiaient dans la nature. Sur la Terre du XXIVe siècle, les villes n'existaient plus, à l'exception de la Cité du Palais. Il ne pouvait guère donc qu'accomplir la démarche inverse.

L'idée d'abandonner ses 30000 livres et son glisseur lui déplaisait. Peut-être pouvait-t-il se réfugier sous terre parmi les dix millions d'Indignes. L'ancien stochastocrate semble avoir été assassiné, ses nombreuses lectures lui seront peut être d'un grand secours pour échapper à ce même sort.

Gilles D'Argyre pseudonyme de Gérard Klein personnage très influent de la science-fiction contemporaine nous décrit une Terre du XXIVe siècle idyllique aux multiples jardins et au printemps éternel. Mais ce paradis illusoire à un prix, celui des millions d'âmes vivant sous terre, exclus de la société pour leurs soi-disantes tares génétiques. Il est vrai que les grandes guerres nucléaires planétaires puis interplanétaires ont causés de nombreuses mutations, ce n'est pas sans nous évoquer le monde souterrain de Futurama, ou la population de la RPSR de Wang. Le personnage d'Ingmar est à l'image de l'auteur passionné de la littérature du vingtième siècle, il y trouvera refuge au sein d'une population laissée pour compte. L'argent a disparu de la planète sauf au coeur de l'enfer, là où les plus misérables sont utilisées pour maintenir le bien-être en surface.

Le Sceptre du Hasard illustrationUne gigantesque entité mécanique interconnectée veille au maintient du pouvoir du stochasque par le biai d'une floppée de Robots, en provenance directe des romans d'Isaac Asimov puisque régit par les trois lois de la robotique. La télékinésie est l'outil idéal pour corrompre un pouvoir entièrement basé sur le hasard qui peut ainsi être manipulé. Mais lorsque certains auteurs font exploser des rochers ou déplacent des montagnes, Gérard Klein l'utilise pour faire tourner du papier à cigarettes sur une épingle.

La subtilité de ce roman est appréciable d'autant plus an sein d'une collection ou l'action est habituellement seule maître à bord. Le Sceptre du Hasard est donc un roman à part qui sera d'ailleurs réédité à plusieurs reprises y compris chez Robert Laffont, collection dirigée par Gérard Klein lui-même.

Une question reste tout de même en suspend à la fin de l'ouvrage, mais qui est donc ce psychologue banni Franz d'Argyre qui confie à Ingmar son livre ordonnance ? son père ?

Idées de lecture du même auteur :
- La Saga d'Argyre (3 volumes)
- Le temps n'a pas d'odeur

avril 08, 2006

La Grande Dérive

4.5/5
Peter Randa, K.H. Scheer
1967 Fleuve Noir
249 pages

La Grande Derive Le pilote aux commandes de l'Arès est atteint par la mal de l'espace au milieu du temps négatif permettant de parcourir d'immenses distances presque instantanément. Le vaisseau va alors connaître la plus grande dérive qu'un vaisseau ait jamais enregistrée. Suite à cette catastrophe, il déclenche le processus de réanimation d'Aren et Duncun en hibernation. Pour avoir une chance de retourner sur Terre O (Originelle), il va leur falloir recharger la pile de leur vaisseau grâce au laboratoire du bord. Ils se posent sur une petite île au mileu d'un lac dans un immense désert sur la quatrième planète d'un système qui en compte onze. Mais peut-être ont-ils mal choisi, car Kaldir ne se révèle pas très hospitalière, ils auront très vite à combattre des crocodiles se tenant debout. Ils se réfugient dans les vestiges d'un temple, mais ils y seront assiégés malgrés leur laser de combat, pistolet, mitraillette et perdront leur vaisseau.

Dangerous Visions anthologie de Harlan Ellison qui paraît la même année permet de mettre en perspective le manque d'originalité de la Grande Dérive. Peter Randa nous donne l'impression d'avoir écrit toute sa vie le même roman, luttes de pouvoir, télépathie, voyage dans le temps, hibernation, planète sauvage voilà en quelques mots les thèmes que nous retrouvons tout au long de sa carrière très productive. Après plus de 300 romans policiers, d'aventure ou de science fiction écrits d'une écriture quasi spontanée entre 1955 et 1980, Peter Randa de son vrai nom André Duquesne à ensuite passé le flambeau à son fils qui écrira sous le pseudonyme de Philippe Randa. Malheureusement même si la famille Duquesne n'est plus engagée sur la scène politique depuis les années 80, il est pourtant clair que ses idées sont plutôt d'extrême droite. Cela transparaît parfois dans leurs récits ou il est souvent question de races supérieures ou de gigantesque Norvégien aux cheveux blonds et aux yeux bleus comme le personnage d'Aren dans la Grande Dérive. Aren, Arien est-ce réellement une coïncidence ?

Si vous souhaitez vous immerger dans la science fiction de cette époque, nous vous conseillons cette fois-ci le petit écran avec la série culte Le Prisonnier dont le premier épisode à justement été diffusé en 1967.

3.30 Francs c'est le prix de cet ouvrage en 1967 alors que la Fédération de l'Amas paru en 2005 coûte 20 euros soit pas moins de 40 fois plus cher, cela donne idée de l'inflation, mais il s'agit d'un tout autre débat...

avril 07, 2006

Wang

4.5/5
Pierre Bordage
2000 L'Atalante
736 pages

Wang

Au XXIIIe siècle, un immense et infranchissable rideau électromagnétique (REM) protège l'Occident des empires voisins. Mais une fois par an, une porte souvre et laisse un peu d'espoir aux peuples de la République Populaire Sino Russe (RPSR). Mais qu'advient-t-il de ceux fuyant de l'autre côté ? Wang à transgressé la loi d'Assöl le Mongol, un parrain de clan, nous allons suivre son exil au-delà du rideau...

Cette nouvelle édition en un volume de ce roman de Pierre Bordage est magnifiquement illustré par Gess. Les dix illustrations qui parsèment le roman sont réalisées de main de maître et sont des étincelles supplémentaires à la puissance évocatrice de Bordage.

Tout au long de la première partie, on découvre les conditions extrêmes, misère, hiver sibérien, manque cruel de nourriture, dans lesquelles les survivants de la RPSR tentent de continuer à exister. L'odeur nauséabonde de la mort s'insinue dans les moindres recoins de ce monde en putréfaction. Grâce à grand-mamman Li, Wang n'a plus qu'une idée en tête, passer de l'autre coté du mur, coûte que coûte, sans trop savoir ce qui l'attend en Occident, on parle d'esclavage, ou pire encore. Mais comme lui dit grand-mamman Li "L'inconnu est parfois seule source d'espérance, petit Wang."

Tout au long de son chemin pour arriver à Most au pied du mur, le Tao de la survie, enseignement de grand-mamman Li, lui sera bien utile. S'il parvient de l'autre coté du Mur, Wang découvrira peut-être la fracture que protège cette muraille technologique. Car la technologie est bien au coeur de ce fossé qui existe dès à présent entre le Nord et le Sud. Cette notion de protection face à la misère n'est pas si lointaine, il suffit d'être à l'écoute des politiques actuelles en matière d'immigration pour comprendre que le REM existe peut-être déjà. L'évocation des nombreux navires d'immigrants qui sombrent au large de nos côtes est à l'image de l'atrocité du destin de Wang. Ce n'est d'ailleurs pas par hasard s'il est confronté à notre propre histoire, cela nous renvoie à nos propres dilemmes comme une image qui se répète dans un miroir.

Pierre Bordage réussit avec Wang un coup de maître qui a été couronné par le Prix Tour Eiffel en 1997 et qui vous laissera un goût bien amer.

Sony Reader PRS-500

Sony Reader PRS-500Avez-vous déjà lu un eBook ? Une nouvelle, un roman ? Pas vraiment, vous n'êtes pas seul, le livre électronique ne séduit pas grand monde aujourd'hui malgré la quantitée d'ouvrages disponibles. Pas très confortable de rester des heures devant son écran, difficile de s'immerger dans sa lecture, on ne peut même pas s'endormir au milieu de ses rêves !

Mais Sony n'a pas dit son dernier mot, malgré le succès mitigé du LIBRIé au Japon, Sony à décidé de tenter l'aventure à plus grande échelle aux États-Unis avec le Sony Reader PRS-500 annoncé le 4 janvier 2006 au CES de Las Vegas.

7500 pages d'autonomies, un écran très haute résolution en dégradé de quatre gris basé sur la technologie E-Ink, une ergonomie étudiée pour la lecture, une compatibilité mp3, pdf, web, jpg et le format propriétaire BBeB (Broadband Electronic Books), en bref tout est prévu pour séduire les plus réticents. Seul petit bémol, son prix dans la fourchette des $299 - $399 risque d'en refroidir plus d'un. Beaucoup d'ouvrages par contre seront facturés de 1 à 2 dollars sur la boutique Connect Store crée à cette occasion avec plus de 10 000 références pour une utilisation limitée dans le temps, un abonnement est même à l'étude pour vous permettre d'accéder à un nombre illimité d'ouvrages. Le stockage sera ensuite possible dans sa petite mémoire interne de 64Mo, sur Memory Stick ou Carte SD, Sony se décide enfin à une plus grande comptabilité avec les standards du marché.

Par contre rien n'est annoncé concernant la compatibilité Mac, espérons que ce fils spirituel de l'iPod ne sera pas cantonné à l'univers du PC.

La magie du Sony Reader tient dans son écran de 6 pouces d'une résolution de 800x600 qui imite le papier et consomme de l'énergie uniquement lorsqu'on tourne la page. Sa lisibilité est idéale même sur le sable en plein soleil nous promet Sony. Notre seul petit regret est l'abandon de la couleur, car même votre quotidien s'y est mis et depuis longtemps.

Ses 250 grammes et sa petite taille (17.56 x 12.36 x 1.38 cm) vont peut être lui permettre de se glisser dans votre sac à la place de votre bouquin favori, mais seul l'avenir nous le dira.

avril 05, 2006

The Encyclopedia of Science Fiction

alt 4/5
John Clute, Peter Nicholls
1993 St. Martin's Press; 2nd edition
1370 pages

alt The Encyclopedia of Science Fiction

Nous sommes toujours à la recherche d'ouvrages de référence sur la science-fiction à yet. Les encyclopédies se font rares en français surtout ces derniers temps, donc nous allons nous tourner vers l'ouvrage le plus important en anglais, il s'agit de The encyclopedia of Science Fiction de John Clute et Peter Nicholls, Prix Hugo1 en 1994. Même si la dernière édition date de 1993, ses 4360 entrées et plus d'un million de mots, lui permettent de rester la bible sur la SF dans le monde. Vous y trouverez la biographie de la plupart des auteurs du 19e siècle à 1993 avec la liste de leurs ouvrages majeurs. Des articles sur des magazines, des films, sur l'histoire de la SF et sur ses principaux thèmes : antigravity, mutants, utopias, etc ...

Par contre pas d'illustrations, mais au vue du succès que cette enclopédie à rencontrée, John Clute a ensuite eu carte blanche pour créer Science Fiction:The Illustrated Encyclopedia, elle aussi Prix Hugo1 en 1996. Puis une autre sur la Fantasy, The Encyclopedia of Fantasy, à nouveau récompensée par un Prix Hugo1 en 1998.


SF: The Illustrated Encyclopedia
John Clute

The Encyclopedia of Fantasy
John Clute, John Grant

L'encyclopédie de John Clute se trouve aujourd'hui à un tarif intéressant d'occasion, Il n'y aura malheureusement pas de nouvelle édition imprimée. Par contre, nous venons d'apprendre que l'équipe de cet ouvrage de référence prépare actuellement la prochaine édition exclusivement en ligne, vous pouvez vous abonner à la liste d'information pour être informé de sa disponibilité normalement en septembre 2007. Cette nouvelle édition sera disponible sur abonnement avec plus de 50% de contenu supplémentaire et sera ensuite mise à jour tous les mois par Clute, Nicholls et David Langford. En attendant, vous trouverez une mise à jour avec quelques correctifs en ligne.

Le seul point noir de cette encyclopédie c'est le trop faible nombre d'entrées concernant la science fiction française, pas de Pierre Bordage, par contre Gérard Klein est bien présent. Espérons que cette petite lacune sera corrigée dans l'édition numérique.

Si vous venez de terminer cette encyclopédie massive avec ces deux colonnes de textes sur 1370 pages, vous pouvez vous attaquer à The Encyclopedia of Fantasy de John Clute et John Grant ou bien visiter la page noosfere consacrée aux ouvrages de références.

1 prix décerné chaque année aux meilleurs récits de science-fiction en hommage à Hugo Gernsback qui inventa le terme science-fiction en 1926.

avril 04, 2006

La Fédération de l'Amas

2/5
P.-J. Herault
2005
Rivière Blanche
392 pages

La Fédération de l'Amas

Une guerre entre les Fédérations d'Altaïr et de Procyon a ravagé la galaxie, en onze ans de guerre il y eu près de 42 millions de morts. Mais heureusement la paie vient juste d'être signé, Ael (ancien capitaine d'Altaïr), Michelli et Katel viennent d'être démobilisés et vont découvrir les affres de l'après guerre. Les anciens combattants vont devoir porter à eux seuls la responsabilité de toutes ces atrocités et sont poursuivis et lynchés par la population manipulé par le gouvernement.

Dès les premières pages de cet ouvrage on s'immerge avec plaisir dans cette aventure mouvementée qui va hélas très vite s'essoufler. On y retrouve l'atmosphère d'autrefois de la collection Fleuve Noire Anticipation, pari réussi dans ce domaine pour rivière blanche et P.J. Herault.

Il faut dire que cet auteur n'en est pas à son premier essaie puisqu'il a écrit entre entre 1975 et 1996 plus d'une vingtaine de romans dans la collection Fleuve Noir Anticipation. La Fédération de l'amas est comme son titre le laisse à penser un amas des idées et des thèmes que l'on pouvait trouver au sein de cette défunte collection qui comporte plus de 2000 titres. P.J. Herault n'a pas lésiné sur les moyens, cristaux transmetteurs, téléphatie, télékinésie, téléportation, contact avec l'au delà, apprentissage hyptnotique, etc, au fil de la lecture un sentiment de frustration se développe car nous aurions préféré y voir approfondir certaines idées séduisantes avant la découverte suivante. Au coeur de la fédération de l'amas on retrouve le thème de la survivance d'un petit groupe d'hommes traqués cher à P.J. Herault que vous retrouverez dans Le Dernier Pilote (FN n°1331).

En conclusion si vous aimez la Hard Science-Fiction détournez votre chemin, si vous êtes à la recherche d'une aventure spatiale divertissante et que vous êtes un fan de la collection Fleuve Noir La Fédération de l'Amas vous attend.

yet arrive sur la toile

Il y a quelques jours j'ai découvert sfsignal, un splendide blog sur la Science-Fiction. J'y ai passé des heures, du coup j'ai eu envie moi aussi de faire partager ma passion pour la SF. Je vais donc m'atteler à enrichir yet au fur et à mesure de mes lectures.